RDC : Vers un contrôle plus rigoureux de l’état de siège en Ituri et au Nord-Kivu
L’Assemblée nationale a pour la énième fois autorisé le lundi 11 mai 2026 la prorogation de l’état de siège en Ituri et au Nord-Kivu. Dans un climat marqué par l’urgence sécuritaire, la représentation nationale a massivement soutenu la demande du gouvernement, tout en exigeant désormais une plus grande transparence sur l’efficacité de cette mesure exceptionnelle.
Sur les 365 députés présents dans l’hémicycle, 355 ont voté en faveur du projet de loi présenté par Guillaume Ngefa, ministre de la Justice.
Ce résultat sans appel témoigne de la volonté des élus de maintenir la pression militaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, où les groupes armés continuent de sévir malgré l’instauration de ce régime spécial depuis le 6 mai 2021.
Si le soutien au gouvernement reste fort, le ton change au sein du bureau de la Chambre basse. Le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji, a fermement réclamé qu’à l’avenir, chaque demande de prorogation soit accompagnée d’un rapport d’évaluation détaillé.
L’objectif est de permettre aux députés de se prononcer en toute responsabilité, sur la base de résultats concrets et chiffrés, plutôt que sur de simples formalités administratives.
Outre l’exigence de rapports écrits, Aimé Boji a proposé l’organisation imminente d’une séance à huis clos avec les ministres en charge de la sécurité et des questions humanitaires.
Cette réunion restreinte devrait permettre aux élus d’accéder à des informations classifiées et d’obtenir des réponses précises sur l’évolution de la situation sur le terrain.
L’état de siège a été instauré par le président Félix Tshisekedi pour restaurer l’autorité de l’État dans une région meurtrie par des décennies de conflits. Cinq ans plus tard, si la mesure est maintenue, le Parlement semble désormais vouloir passer d’un soutien inconditionnel à un contrôle parlementaire plus strict.
Azarias Mokonzi