RDC : malgré les critiques au Nord-Kivu et en Ituri, l’état de siège réclamé au Haut-Uélé et au Bas-Uélé
Alors que l’efficacité de l’état de siège est sévèrement remise en question au Nord-Kivu et en Ituri en raison d’un bilan jugé insuffisant par de nombreux observateurs, cette mesure militaire exceptionnelle suscite de nouvelles convoitises ailleurs. La Dynamique des leaders politiques et communautaires de la Grande Orientale vient de solliciter officiellement son instauration dans les provinces du Haut-Uélé et du Bas-Uélé, face à une dégradation préoccupante de la situation sécuritaire locale.
Inquiète par la montée de l’insécurité dans ces deux provinces, l’organisation politique interpelle directement le pouvoir central. Par la voix de son coordonnateur, elle demande une intervention d’envergure pour stopper les menaces qui pèsent sur les populations civiles.
« À cet effet, elle invite respectueusement Son Excellence Monsieur Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, président de la République, chef de l’État, à accorder une attention particulière à ces deux provinces et à envisager, après une évaluation approfondie de la situation, l’opportunité de décréter l’état de siège dans le Haut-Uélé et le Bas-Uélé, conformément aux dispositions constitutionnelles », a déclaré Ayi Idambituo, coordonnateur de la Dynamique.
Pour appuyer sa démarche et convaincre le chef de l’État, la Dynamique s’appuie sur le modèle de l’Ituri voisin. Selon les leaders de la Grande Orientale, malgré des poches de résistance et des défis sécuritaires qui persistent, le régime militaire y a produit des résultats concrets, notamment grâce aux
opérations militaires accrues contre les forces négatives ; la récupération d’armes et de munitions de guerre ; la reddition de plusieurs combattants issus des groupes armés ; et la restauration progressive de l’autorité de l’État dans des zones autrefois hors de contrôle.
Cette demande place le pouvoir central devant un dilemme stratégique majeur. D’un côté, le Nord-Kivu et l’Ituri subissent une pression populaire et politique constante pour obtenir la levée ou l’allègement de cette mesure, jugée parfois liberticide ou inefficace pour stopper définitivement les massacres. De l’autre, le Haut-Uélé et le Bas-Uélé y voient l’unique rempart capable de stopper l’hémorragie sécuritaire avant qu’elle ne devienne incontrôlable.
La balle est désormais dans le camp du président de la République, qui devra juger de l’opportunité de militariser l’administration de ces deux provinces de la Grande Orientale après une évaluation rigoureuse du terrain.
Azarias Mokonzi