Nord-Kivu: Rubaya, un véritable cimetière à ciel ouvert sous l’AFC-M23
Le territoire de Masisi est une nouvelle fois endeuillé. Ce mardi 3 mars 2026, un glissement de terrain massif a frappé le site minier de Kasasa, à Rubaya. Le bilan provisoire, encore incertain, dépasse déjà les 200 victimes, illustrant le chaos sécuritaire et humanitaire qui règne dans cette zone exploitée par la rébellion.
En effet, sous le poids des sols instables et de l’absence totale de normes de sécurité, la terre a cédé, ensevelissant des centaines de personnes. Le bilan provisoire fait état de plus de 200 morts, principalement des creuseurs artisanaux, mais aussi des femmes enceintes et des enfants qui survivaient grâce aux petits commerces aux abords des puits.
« Des enfants figurent parmi les victimes, des femmes enceintes. Aujourd’hui, l’avenir de plusieurs enfants est sacrifié au profit d’une exploitation minière bénéfique aux rebelles et au Rwanda», a déploré une source que place.
Depuis que les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, ont pris le contrôle de cette zone stratégique riche en coltan, cassitérite et tourmaline, les règles de sécurité minière semblent avoir été totalement abandonnées au profit d’un rendement immédiat.
« Aucune mesure n’avait été prise par les rebelles pour éviter ce genre de drame », déplore un membre de la société civile locale sous couvert d’anonymat. « Ils exploitent comme si c’était la fin du monde. Tout ce qui leur importe, c’est de gagner plus. Conséquence : des morts en cascade et des vies détruites. »
Ce nouveau drame ravive une blessure à peine cicatrisée. Le 28 janvier dernier, un éboulement similaire au même endroit avait déjà coûté la vie à plus de 400 personnes. En l’espace de deux mois, le site de Kasasa est devenu un véritable cimetière à ciel ouvert.
« Sous l’AFC-M23, Rubaya, est devenu un cimetière en ciel ouvert. On peut comptabiliser facilement 1000 personnes qui ont perdu la vie dans les éboulements de terre dans ce site minier depuis qu’il est contrôlé par les rebelles », poursuit notre source.
Au-delà des pertes humaines, c’est l’avenir de toute une génération qui est sacrifié dans les décombres de Rubaya. Les appels se multiplient pour interpeller les autorités congolaises sur l’urgence de reprendre le contrôle de cette zone, afin de mettre un terme à cette exploitation illégale et meurtrière qui alimente les coffres de la rébellion au détriment de la sécurité des civils.
À l’heure actuelle, les fouilles se poursuivent dans des conditions précaires, alors que de nombreux corps gisent encore sous les tonnes de terre.
Azarias Mokonzi