Guerre du M23: HRW exhorte l’Union Européenne et l’ONU à emboîter le pas de Washington pour isoler les soutiens du M23
Face à l’escalade de la violence dans l’est de la République démocratique du Congo, les États-Unis durcissent leur ton. À travers des sanctions ciblées, Washington dénonce non seulement le soutien logistique, mais aussi l’implication opérationnelle directe des troupes rwandaises aux côtés des rebelles du M23.
Selon des sources onusiennes et militaires, plusieurs milliers de soldats rwandais, incluant des unités de forces spéciales, auraient traversé la frontière congolaise dans les semaines précédant cette opération majeure.
En réaction aux nouvelles sanctions infligées contre l’armée Rwandaise et 4 de ses hauts commandants, Human Rights Watch juge la réponse globale encore trop timide. L’organisation de défense des droits humains appelle l’Union européenne, le Royaume-Uni et les gouvernements de la région à emboîter le pas aux États-Unis.
L’objectif est clair : accroître la pression en adoptant des sanctions ciblées contre d’autres responsables de haut rang, tant au sein du M23 que de la hiérarchie militaire rwandaise, afin de briser le cycle de la violence dans l’est du Congo.
Pour Nicole Widdersheim, directrice adjointe du bureau de cette organisation à Washington, ces mesures américaines dépassent le simple cadre diplomatique.
« Les États-Unis indiquent clairement que les gains territoriaux du M23 n’auraient pas été possibles sans l’implication opérationnelle directe de l’armée rwandaise », explique-t-elle. Selon elle, ces sanctions reflètent un effort de Washington pour faire appliquer les accords internationaux et exiger que le Rwanda mette fin « une fois pour toutes » à son soutien au groupe armé.
Le Bureau de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du département du Trésor américain corrobore cette analyse, affirmant que l’armée rwandaise « soutient activement, entraîne et combat aux côtés du M23 ».
Le M23 est aujourd’hui au cœur d’une crise humanitaire sans précédent dans la région. Les Nations unies, les États-Unis et l’Union européenne ont documenté une liste alarmante d’exactions imputées au groupe notamment, les éxécutions sommaires et violences sexuelles, des déplacements forcés de populations massifs, des attaques indiscriminées contre les civils, et le recrutement forcé, y compris d’enfants soldats.
Azarias Mokonzi