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Tazama RDC

Apiculture à Lubero : Une source vitale de revenus brisée par l’insécurité

Apiculture à Lubero : Une source vitale de revenus brisée par l’insécurité

Les sites apicoles du territoire de Lubero, dans le Nord-Kivu, sont de plus en plus cibles de menaces. Selon les témoignages recueillis auprès de la Coopérative des apiculteurs de Lubero (COOPALUB), la crise sécuritaire dans la zone a porté un premier coup dur à la filière.

L’érection de positions militaires à proximité des collines abritant les ruchers a fortement déstabilisé l’activité. À cela s’ajoute une seconde vague de destruction orchestrée par des voleurs clandestins de miel. Ces derniers vandalisent les ruches, pillent la production et s’évanouissent dans la nature.

Face à ce fléau, Kasereka Wanderu Maximin, président de la coopérative, interpelle les autorités compétentes pour une implication urgente.

« La destruction des ruchers nous fait mal et pèse sensiblement sur la production de miel. Plus de 80 ruches ont été détruites ces cinq dernières années. Nous allons saisir les instances judiciaires et porter plainte contre inconnu. En attendant, nous demandons aux services de sécurité de voir dans quelle mesure ils peuvent sécuriser nos sites apicoles. Nous appelons aussi à un contrôle strict de la vente du miel pour que les clandestins soient maîtrisés. »

Un impact socio-économique lourd pour les producteurs

La destruction des ruches contribue directement à l’appauvrissement des apiculteurs, qui peinent déjà à nouer les deux bouts dans un territoire de Lubero meurtri par la guerre.
Musubao Kazi Jean-Louis, victime d’un récent acte de vandalisme sur la colline Nderembi, à la périphérie de Lubero-centre, témoigne de son désarroi.

L’apiculture étant sa principale source de revenus, il explique qu’il lui sera désormais difficile de subvenir aux besoins de sa famille, notamment pour l’alimentation et la scolarisation de ses enfants.

« Je suis arrivé dans mon exploitation apicole le 9 octobre dernier et j’ai été surpris de trouver toutes mes installations détruites. À cause de cet acte, j’ai perdu mes abeilles et, automatiquement, ma production habituelle de miel. Ce métier me permettait de payer les frais scolaires de mes enfants et de nourrir ma famille. Je produisais 5 litres de miel par ruche en une seule saison. C’est la deuxième fois que mon rucher est ciblé. Avant de m’installer ici, j’avais déjà subi une situation similaire dans le village où j’élevais mes abeilles. Mais malgré tout, je ne me découragerai pas. »

Une menace directe sur l’écosystème et l’agriculture

De son côté, Katembo Sawa-Sawa, expert en apiculture, redoute un véritable danger environnemental si cette série de destructions se poursuit. Les abeilles ne se limitent pas à la production de miel ; elles jouent un rôle crucial dans la reproduction des plantes. Leur disparition pourrait donc impacter négativement l’agriculture locale.

« Les conséquences sont multiples. Premièrement, l’apiculteur perd son outil de production. Deuxièmement, le découragement nous guette et nous ne pouvons plus entretenir les ruchers abandonnés, qui développent alors des germes pathogènes affectant l’environnement. Une colonie d’abeilles est une richesse pour toute la communauté, car elle assure la pollinisation des plantes. En clair, la production agricole en dépend. Sur le plan écologique, la dispersion de ces colonies en débandade constitue une perte immense. »

Le territoire de Lubero est une région particulièrement réputée pour la qualité de son miel. Selon la COOPALUB, le miel de Lubero se classe fièrement parmi les meilleurs au monde, juste derrière celui du Brésil.

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