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Tazama RDC

Ebola à Beni : la société civile plaide pour le désengorgement de la prison de Kangbayi

Ebola à Beni : la société civile plaide pour le désengorgement de la prison de Kangbayi

Face à la propagation de la maladie à virus Ebola dans la ville de Beni, la société civile appelle au désengorgement de la prison de Kangbayi. Dans un entretien accordé vendredi 07 novembre 2026 à Tazama RDC, le président de cette structure citoyenne plaide pour une gestion rigoureuse des espaces pénitentiaires dans la ville.

Conçue initialement pour accueillir à peine 250 détenus, la prison centrale de Kangbayi héberge aujourd’hui 2 358 pensionnaires, affichant un taux de surpopulation vertigineux de près de 1 000 %. Cette promiscuité extrême, combinée à une malnutrition sévère signalée par plusieurs auxiliaires de la justice, a transformé l’établissement en un véritable foyer à hauts risques.

Bien qu’aucun bilan officiel global n’ait encore été rendu public par les autorités pénitentiaires, la société civile atteste que des prisonniers meurent régulièrement des suites de ces conditions de détention inhumaines.

Pour Me Pépin Kavotha, maintenir un tel effectif dans un contexte d’épidémie d’Ebola revient à exposer sciemment les détenus à une mort certaine. Il appelle ainsi à une prise de conscience collective et à une action rapide des acteurs judiciaires.

« Cette prison regorge beaucoup de gens et il y a vraiment un risque de contamination. Ce risque doit attirer l’attention non seulement de ceux-là qui gardent la prison, mais surtout des acteurs judiciaires. Il ne faudrait pas que l’on maintienne en prison des personnes qui ont commis des faits bénins. Il faudrait que cette catégorie bénéficie de la liberté pour des raisons sanitaires ».

Le plaidoyer de la société civile ne se limite pas à la grande prison de Kangbayi. Le coordonnateur insiste pour que cette politique de désengorgement s’étende à l’ensemble des lieux de privation de liberté de la ville, notamment les geôles des commissariats et sous-commissariats de police communément appelés amigos, ciats et sous-ciats.

Selon lui, ces petits cachots débordent également de monde, constituant des bouillons de culture idéaux pour le virus. Il exhorte dès lors le ministère public à multiplier les descentes et les visites de contrôle afin de libérer les détenus poursuivis pour des infractions mineures.

Alors que la maladie fait rage dans la région de Beni, l’urgence est désormais à la décantation des dossiers judiciaires pour sauver des vies humaines de cette double menace sanitaire et carcérale.

Azarias Mokonzi

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