Goma: Réaction surprenante de l’autorité face à l’opposition à sa mesure de restriction de la circulation

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Pour tenter de baisser la fièvre de criminalité urbaine devenue haute dans la ville de Goma depuis la fin de l’année 2023, la mairie de la ville de Goma a rendu public la journée du mercredi 10 Janvier, un communiqué interdisant la circulation des motos à partir de 18h sur l’ensemble de la ville.
Cette décision partant de sa communication, a suscité beaucoup de réactions de la part des Gomatraciens dont le penseur libre Patrice SHERIA KUBUTANWA, qui n’a pas manqué de constater : « Une décision prise dans la précipitation et dont la communication a été ratée. Il fallait qu’elle soit communiquée 48h avant sa mise en exécution, afin de permettre à tous les concernés d’en prendre connaissance » avait-il dit, avant de prédire : « Les agents de sécurité chargés de faire exécuter cette mesure, pourront eux-mêmes la rendre dangereuse et contestable, par des stratégies déshonorantes qu’ils utiliseront ».

Comme prétendue, la mesure d’interdiction des détenteurs des motos à circuler aux heures vespérales s’est dès le jour de son annonce, rendue impopulaire, suscitant des réactions farouches des acteurs sociaux et défenseurs des droits de l’homme à Goma, à l’exemple de Jimmy NZIALY qui a dénoncé les bavures causées par les agents de police la soirée du mercredi : « Depuis 17h, les policiers s’étaient déjà rangés dans toutes les entrées des avenues, comme s’il y avait une opération spéciale qui se préparait dans la ville. Déjà à 17h50, les premiers motards ont été ravis tout l’argent qu’ils avaient, et certains ont été tabassés jusqu’à des blessures. Au delà de 18h, nous avons assisté à toute forme de violences policières, des coups de balles ont été tirés dans presque tous coins de Goma visant les détenteurs des motos qui rentraient chez-eux ; A partir de 21h, les policiers de sont même mis à la chasse des paisibles citoyens qui roulaient dans leurs véhicules, disant qu’il était interdit à tout le monde de circuler aux heures vespérales dans la ville » a-t-il retracé.
Au matin de ce jeudi 11 Janvier, plusieurs centaines des motos ont été visibles devant différents postes de police à Goma, nombreux de leurs conducteurs détenus dans des cachots, après avoir été dépouillés de tout ce qu’ils possédaient, précisent plusieurs sources.

Des contestations de la population, face à l’indifférence de l’autorité

Au lendemain de la prise de la fameuse mesure par l’autorité urbaine, de nombreuses réactions des habitants s’en sont suivies, toutes demandant son annulation urgente. Jimmy NZIALY LUMANGABO qui a dénoncé la brutalité avec laquelle les agents de l’ordre de sont mis à faire exécuter la décision du maire, a déclaré : « Si seulement les services de sécurité se mobilisaient de la même manière qu’ils le font aujourd’hui contre les pauvres taximen, pour traquer les bandits qui sèment désolation dans la ville, on ne parlerait plus de l’insécurité à Goma. Je pense qu’il est urgent que l’autorité revienne à sa décision, qui ne rencontre l’enchantement d’aucun de ses administrés ».
Dans une lettre ouverte adressée au maire intérimaire de Goma ce jeudi, Espoir NGALUKIYE en sa qualité de citoyen Congolais, a insisté que cette décision « est une mauvaise solution au vrai problème de l’insécurité à Goma, qui ne fera qu’empirer les choses ». Il estime que :« cette mesure ne ferra que pénaliser les paisibles citoyens qui vivent difficilement en cette période de guerre, et qui doivent se battre jusqu’à la dernière seconde de la journée pour trouver de quoi manger. On sait tous que les personnes au cœur de l’insécurité à Goma n’ont pas seulement besoin des motos pour mener leurs opérations, car les tristement célèbres 40 voleurs, utilisent même des camions pour transporter leurs butins. Le maire de la ville veut faire du neuf avec du vieux, et ça ne va rien résoudre. Nous demandons à toute la population de Goma, de s’opposer rapidement et pacifiquement à cette mesure qui est inutile » a dit Espoir NGALUKIYE dans une déclaration de soutien à sa lettre.

Malgré différentes réactions des acteurs sociaux qui sont même allés rencontrer les décideurs ce jeudi dans la journée, aucune réponse satisfaisante n’a été donnée aux représentants des associations de motards et la société civile, qui se sont réunis avec le maire de la ville et le gouverneur de province du Nord-Kivu au gouvernorat de province. Une période de maintien de la mesure allant d’une semaine à 10 jours d’observation des résultats vient d’être annoncée par les autorités de l’état de siège, avant de pouvoir revenir à cette décision.
Des manifestations pacifiques sont déjà annoncées par les mouvements citoyens et groupes de pression, pour non seulement demander l’annulation de la décision interdisant la circulation des motos aux heures vespérales, mais aussi exiger la mise en place des mesures convainquantes pour assurer la sécurité des personnes et leurs biens dans le chef-lieu de la province du Nord-Kivu, lit-on dans des réseaux sociaux.

Vital Matafula

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