RDC: Kinshasa détaille devant le Conseil de sécurité de l’ONU le processus de désarmement des FDLR
La République démocratique du Congo affirme respecter les engagements pris dans le cadre des résolutions des Nations unies, de l’Union africaine et des différents accords de paix visant à mettre fin à l’insécurité dans l’Est du pays. La question des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) a notamment occupé une place centrale lors de l’intervention de Zénon Mukongo, représentant permanent de la RDC auprès des Nations unies, devant le Conseil de sécurité.
Selon le diplomate congolais, Kinshasa s’inscrit pleinement dans le processus de Doha et s’est engagée à faciliter le fonctionnement du Mécanisme conjoint de vérification élargi (MCVE). Il a notamment cité les premières missions de vérification effectuées à Minembwe, dans le Sud-Kivu, et à Masisi, dans le Nord-Kivu.
Sur la question des FDLR, régulièrement invoquée par le Rwanda pour justifier ses préoccupations sécuritaires dans l’Est de la RDC, Zénon Mukongo a affirmé que son pays assumait ses responsabilités dans le cadre du processus de Washington.
Le représentant congolais a rappelé qu’en plus du rapatriement volontaire déjà facilité par la MONUSCO, le gouvernement de la RDC a signé, le 30 mai 2026, un protocole portant sur le désarmement, la démobilisation et le cantonnement des combattants des FDLR-FOCA.
Conformément à ce protocole, les combattants concernés doivent déposer volontairement leurs armes dans des sites de cantonnement désignés par les autorités congolaises, avant leur retour au Rwanda, leur pays d’origine.
Zénon Mukongo a souligné que cette démarche prévoyait plusieurs étapes concrètes. Il a notamment mentionné la date du 29 août 2026, au cours de laquelle les groupes CNRD-Ubwiyunge, FNL, FPP-Abajiarugamba et Urunana auraient formellement adhéré au processus de dépôt volontaire des armes.
Pour Kinshasa, ces avancées démontrent la volonté de la RDC de prendre des mesures concrètes pour régler la question des FDLR et priver Kigali de l’argument régulièrement avancé concernant la présence de ce groupe armé sur le sol congolais.
Le diplomate a par ailleurs indiqué que le Conseil de sécurité des Nations unies avait été officiellement informé de ces progrès par une lettre de la ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner. La RDC demande ainsi au Conseil de sécurité et à la MONUSCO de soutenir activement ce processus, qu’elle présente comme transparent et vérifiable.
Cependant, selon Zénon Mukongo, cette volonté congolaise aurait été mise à l’épreuve le 28 septembre 2026, lorsqu’une frappe de drones attribuée aux Forces de défense rwandaises (RDF) a visé une position congolaise à Pinga, dans le Nord-Kivu. Cette attaque aurait fait cinq morts et huit blessés graves, selon les autorités congolaises.
Kinshasa condamne fermement cette attaque, qu’elle considère comme une nouvelle violation du cessez-le-feu, de sa souveraineté et de son intégrité territoriale.
Le représentant permanent de la RDC auprès de l’ONU estime également que cette attaque intervient à un moment particulièrement sensible, alors que la RDC prépare une opération de neutralisation des FDLR dans la zone NAI 1, conformément à ses engagements pris dans le cadre du processus de Washington.
Pour Kinshasa, tout incident susceptible de compromettre cette opération doit faire l’objet d’une vérification rapide et indépendante par le mécanisme compétent, avec l’appui de la MONUSCO. La RDC demande donc au Conseil de sécurité de se saisir de cet incident, d’en établir les responsabilités et d’exiger qu’aucune attaque similaire ne se reproduise.
Au-delà du dossier des FDLR, Zénon Mukongo a également soulevé la question du désengagement des forces rwandaises du territoire congolais. Il a estimé que la mise en œuvre de ce retrait, ainsi que la levée des mesures présentées comme défensives par Kigali, ne pouvaient pas être évaluées avec précision sans informations fiables sur le nombre et la localisation exacte des dispositifs concernés.
Pour le représentant congolais, le respect des engagements doit être réciproque et vérifiable. Il a ainsi appelé le Conseil de sécurité à veiller non seulement à la prise d’engagements par les différentes parties, mais également à leur application stricte sur le terrain.
La RDC réaffirme donc devant le Conseil de sécurité sa volonté de poursuivre les mécanismes de paix engagés à Doha et à Washington, tout en insistant sur la nécessité de traiter la question des FDLR, le retrait des forces étrangères et le respect du cessez-le-feu dans un cadre clair, vérifiable et applicable à toutes les parties.