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RDC : Entre changement de la Constitution et menace de partition, la classe politique au bord de l’implosion

RDC : Entre changement de la Constitution et menace de partition, la classe politique au bord de l’implosion

Alors que le débat sur le changement de la loi fondamentale divise profondément la classe politique congolaise, le spectre d’une partition du territoire national ressurgit dans les discours. Cette perspective, qualifiée de scénario catastrophe, suscite de vives inquiétudes au sein de l’opinion publique et met en lumière les tensions extrêmes qui secouent le pays.

D’un côté, le pouvoir en place et ses alliés multiplient les initiatives pour doter le pays d’une nouvelle Constitution, arguant que l’actuelle est inadaptée aux réalités du pays. De l’autre, l’opposition, réunie notamment au sein de la « Coalition Article 64 », dénonce un « coup d’État constitutionnel » visant à instaurer un troisième mandat présidentiel. Ce bras de fer a récemment donné lieu à des manifestations sous haute tension à Kinshasa.

Les révélations choc de Patrick Mundeke

Au cœur de ce climat délétère, les déclarations de Patrick Mundeke, conseiller de Moïse Katumbi et cadre influent d’Ensemble pour la République, ont jeté un froid. Intervenant lors d’une émission diffusée sur YouTube, il a mis en garde contre la gravité de la situation en évoquant un scénario pour le moins inquiétant. Selon lui, la démarche du pouvoir visant à modifier la Constitution pourrait conduire à une partition du pays comme unique issue à la crise politique.

« Les drapeaux de la Nouvelle République de ba Swahili sont en cours d’impression. Nous allons créer une Nouvelle République, Tshisekedi n’a pas le monopole des interdits. Nous allons couper le pays. Plus Tshisekedi va avancer vers la folie, plus nous allons également avancer vers une autre folie, et on en a les moyens, lui n’en a pas, ça veut dire que nous allons couper le pays. Nous allons défendre cette constitution même avec le diable. Nous allons défendre cette constitution avec tout celui qui sera prêt à défendre cette constitution, même les rebelles », a-t-il déclaré.

L’idée selon laquelle le Congo pourrait être divisé n’est pas nouvelle, mais elle prend une tournure plus concrète à travers les mises en garde de certains opposants. Ces derniers accusent le régime du président Félix Tshisekedi de déclarer la guerre au peuple congolais en persistant dans sa volonté de réformer la Constitution. Pour de nombreux observateurs et figures de l’opposition, modifier la loi fondamentale risque de fragiliser davantage la cohésion nationale et d’offrir une porte de sortie inespérée aux mouvements sécessionnistes et aux détracteurs de l’unité nationale.

Pendant que ces joutes verbales et institutionnelles animent la capitale et les médias, les priorités sur le terrain demeurent bien différentes. Dans des zones en proie à l’insécurité chronique, comme Beni, les populations locales estiment que le débat politique de Kinshasa est loin de leurs préoccupations immédiates. Pour ces Congolais, la priorité absolue reste le retour de la paix, de la sécurité et la fin des exactions des groupes armés.

« Les priorités de nos autorités sont ailleurs. Nous sommes tués, il n’y a aucune mobilisation, mais les dirigeants considèrent le débat sur le changement de la Constitution comme une priorité. Nous devons nous organiser pour protéger nos agglomérations », a déclaré Clovis Mutsuva, l’un des leaders communautaires de Beni, au cours d’un rassemblement tenu dimanche dernier.

La classe politique congolaise se trouve aujourd’hui à un tournant décisif. La gestion de ce bras de fer constitutionnel déterminera non seulement l’avenir des institutions, mais aussi la stabilité et l’intégrité territoriale de la RDC dans les années à venir.

Azarias Mokonzi

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