Dissertation malgré tout : Les épreuves se sont tenues dans les zones sous influence du M23 et des ADF
La hors-session de l’Examen d’État édition 2026 a débuté ce lundi 04 mai 2026 sur l’ensemble du territoire national. Consacrée à la traditionnelle épreuve de dissertation, cette première journée s’est déroulée dans une atmosphère de calme apparent, bien que marquée par les réalités contrastées du terrain et les émotions fortes des candidats.
À la sortie des centres, les visages des finalistes racontent une histoire de dualité : d’un côté le soulagement d’avoir franchi le premier cap, de l’autre, l’angoisse de la notation.
Pour une partie des élèves, la dissertation n’a pas réservé de mauvaises surprises. Le sentiment de « déjà-vu » a été le meilleur allié des candidats les plus sereins. « Le déroulement, c’était bien, parce que j’ai trouvé un sujet que j’avais déjà traité à l’école », se réjouit une élève. Un constat partagé par une de ses condisciples, qui souligne l’adéquation entre les enseignements reçus et les thèmes proposés : « Mon sujet, je l’ai bien trouvé, parce que c’est ce qu’on nous avait appris en classe ».
Cependant, l’optimisme n’est pas universel. Pour beaucoup, le poids de l’examen reste intimidant. « L’examen est toujours difficile », reconnaît humblement un jeune finaliste, tandis qu’une autre candidate, plus réservée, espère simplement « avoir plus que la moitié ». Cette dernière a porté son choix sur le thème de la « fierté de la femme », un sujet inspiré par l’importance du rôle maternel dans l’éducation.
Outre les difficultés intellectuelles, certains centres ont dû composer avec des retards organisationnels, obligeant les élèves à une attente prolongée avant de pouvoir enfin prendre la plume.
Le fait marquant de cette session 2026 reste le maintien des épreuves dans les zones de conflit. Malgré l’instabilité, les examens ont été organisés jusque dans les zones sous contrôle du M23.
Dans les zones menacées par les rebelles ADF, les autorités ont procédé à des délocalisations stratégiques de centres pour garantir la sécurité des candidats et du personnel enseignant.
Cette première journée, bien que complexe, témoigne de la volonté des élèves congolais de poursuivre leur parcours scolaire envers et contre tout. La Prochaine étape sera consacrée aux épreuves de pratique professionnelle et de français oral, où le défi de la performance restera le même.
Azarias Mokonzi