RDC : L’opposant Seth Kikuni en exil, le Cadre de concertation dénonce une « traque systématique »
Nouveau séisme sur la scène politique congolaise. Dans un communiqué publié ce lundi 19 janvier 2026, le Cadre de concertation des forces politiques et sociales a annoncé le départ de Seth Kikuni du territoire national.
Une exfiltration présentée, par ce cadre, comme une opération de survie face à ce qu’il qualifie de durcissement sans précédent du régime en place. Selon le communiqué officiel, l’ancien candidat à la présidence a quitté la République Démocratique du Congo il y a plusieurs semaines. Selon les signataires du communiqué, cette opération, qualifiée de « discrète, coordonnée et courageuse », visait à mettre l’opposant à l’abri.
Le texte précise que Seth Kikuni se trouve désormais en « lieu sûr à l’étranger », et laisse entendre que son intégrité physique et morale est aujourd’hui « pleinement préservée ».
Ce départ, que plusieurs sources disent être forcé, intervient dans un contexte de forte tension politique. Depuis plusieurs mois, une vague d’arrestations et de menaces judiciaires cible non seulement les figures de proue de l’opposition, mais s’étend également aux défenseurs des droits humains et aux journalistes.
Plus inquiétant encore, dit le communiqué, la répression semble désormais toucher les proches des acteurs engagés, instaurant un climat de peur généralisée.
Pour le Cadre de concertation, l’exil de Seth Kikuni est le symptôme d’un régime « amnésique aux critiques ». L’opposition dénonce une volonté de pensée unique où toute voix discordante est systématiquement traquée.
Alors que le discours officiel du régime prône l’unité nationale et la cohésion face aux défis sécuritaires du pays, les acteurs de la société civile et de la classe politique pointent une contradiction majeure. Beaucoup parlent d’un « musellement » qui fragilise la démocratie congolaise.
« On ne peut pas réclamer l’unité nationale tout en poussant les forces vives à l’exil ou au silence », fustige un analyste politique proche de l’opposition. Tandis que la population congolaise aspire à la paix et à la stabilité, ce nouvel épisode d’exil politique souligne la fracture grandissante entre le pouvoir et ses contradicteurs.
Cet exil de Seth Kikuni marque une nouvelle étape dans la reconfiguration de l’opposition, qui semble désormais contrainte de s’organiser, pour partie, depuis l’extérieur du pays.
Azarias Mokonzi