RDC : la LUCHA dénonce le recours aux armes de Joseph Kabila et interpelle Tshisekedi
Le mouvement citoyen Lutte pour le changement (LUCHA) condamne le choix de Joseph Kabila Kabange de recourir aux armes à travers la création du Front de la refondation de la nation (FRN), présenté comme une nouvelle dynamique politico-militaire en remplacement de l’AFC-M23. Le mouvement citoyen se dit préoccupé par l’aggravation de la crise politique et sécuritaire en République démocratique du Congo.
Dans un communiqué de presse rendu public à Lubumbashi le 21 octobre 2026, la LUCHA dénonce ce qu’elle considère comme une dérive politico-militaire de l’ancien président de la République. Elle interpelle également le président Félix Tshisekedi sur ses responsabilités en matière de protection des populations et de sauvegarde de l’intégrité territoriale.
Selon ce mouvement citoyen, la crise actuelle trouve notamment ses origines dans ce qu’il qualifie d’« alternance controversée de 2019 », marquée par des arrangements politiques entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi.
Pour la LUCHA, les souffrances endurées par les populations dans les zones affectées par les conflits armés ne sauraient justifier le recours aux armes. Elle estime que le chef de l’État, en sa qualité de garant de la nation, doit pleinement assumer les responsabilités que lui confie la Constitution.
« La LUCHA exige du président Félix Tshisekedi d’assumer pleinement ses responsabilités constitutionnelles en matière de protection des populations et de sauvegarde de l’intégrité territoriale. Il doit rendre compte des mesures prises face aux menaces sécuritaires connues, consacrer les moyens de l’État au rétablissement de la paix et renoncer à toute initiative de modification constitutionnelle qui viserait à prolonger son maintien au pouvoir », indique le communiqué.
Pour mettre fin à la spirale de l’insécurité, le mouvement citoyen plaide pour un cessez-le-feu immédiat, devant être respecté par toutes les parties impliquées dans les hostilités, conformément aux engagements pris dans le cadre des processus de paix en cours, notamment ceux de Doha et de Washington. Il réclame également l’application effective des mécanismes conjoints de vérification et de suivi afin de prévenir toute reprise des combats.
Préoccupée par la situation humanitaire dans les zones touchées par les conflits, la LUCHA appelle par ailleurs à l’ouverture urgente de couloirs humanitaires sécurisés. Elle estime que les difficultés d’accès de certaines zones pour les organisations humanitaires aggravent les souffrances des populations, privées de nourriture, de médicaments et d’autres formes d’assistance essentielle.
Enfin, le mouvement citoyen invite les organisations régionales et internationales à accompagner les processus de paix en exerçant des pressions diplomatiques concrètes sur les parties qu’il accuse d’entraver les efforts de résolution du conflit dans l’est de la RDC.
David Mayani