Mambasa : Des civils pris en étau entre enlèvements, pillages et tortures, par des miliciens Wazalendo
La situation sécuritaire dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, atteint un seuil critique. Entre arrestations arbitraires, tortures, enlèvements et exploitation illicite des ressources, les chefferies de Babila Babombi et Babila Bakwanza sont devenues le théâtre d’exactions systématiques orchestrées par une prolifération de groupes armés.
Ce lundi 19 janvier 2026, la Convention pour le Respect des Droits Humains (CRDH), antenne de Mambasa, a brisé le silence pour dénoncer une escalade de la violence. Selon Rams Malikidogo, défenseur des droits humains au sein de l’organisation, le bilan des dernières semaines est lourd.
Le 5 janvier dernier, à Mamulembo, deux civils ont été victimes d’arrestations arbitraires suivies de tortures atroces. L’un d’eux a succombé à ses blessures. Plus récemment, le 15 janvier, un agriculteur identifié sous le nom de Dona a été enlevé à l’est de Biakato, laissant sa famille dans l’angoisse.
À ces crimes s’ajoutent des affrontements fratricides entre factions « Wazalendo » à Elota, dans le groupement Bakaheku. Ces combats, loin de toute logique de défense populaire, se sont soldés par des pertes en vies humaines et le pillage massif d’or et de biens matériels appartenant aux populations locales.
L’inquiétude de la société civile est d’autant plus vive que ces groupes armés, originaires pour la plupart du Nord-Kivu, semblent délaisser les fronts officiels pour se muer en prédateurs économiques en Ituri.
« Les groupes ont quitté le Nord-Kivu vers l’Ituri alors que le Nord-Kivu est sous une forte menace des rebelles de l’AFC-M23 et des ADF. Mais ils préfèrent venir ici pour exploiter l’or et les planches. Ils extorquent la population et la torturent. On ne comprend plus rien », déplore Rams Malikidogo.
Le diagnostic de la CRDH est alarmant : au moins 18 groupes armés sont actuellement actifs dans le territoire de Mambasa. Leur principale activité ne serait plus la revendication politique, mais l’exploitation illégale des ressources naturelles du sous-sol et de la forêt, au détriment de la sécurité des civils.
Face à cette anarchie sécuritaire, la CRDH lance un appel pressant au gouvernement congolais. L’organisation exige une réorganisation immédiate des opérations militaires pour traquer ces nébuleuses armées et restaurer l’autorité de l’État dans cette partie de l’Ituri, où la population se sent abandonnée à son triste sort.
Azarias Mokonzi