Lubero : Les déplacés exigent la relève des FARDC-UPDF face à la menace ADF-MTM
Alors que l’activisme de l’ADF-MTM continue à prendre une allure inquiétante en territoire de Lubero, les déplacés et victimes de cette forme d’insécurité, dans la province du Nord-Kivu, exigent aux autorités provinciales et militaires de relever les troupes. Selon les victimes, les troupes sur terrain ne sont plus en mesure de faire face à l’ADF. Une représentativité de cette classe de populations s’est rendue à Lubero-centre pour prendre langue avec l’administrateur militaire.
Ce sont essentiellement des habitants des axes Musingiri, Vuyinga, Mayeba, Maboya, Mabambi, Vuthanda, Kivua, Kiragho, Kirima, Kathambi, Vingyo, Byambwe, Manguredjipa et environs. Ces déplacés ont déposé un mémorandum plein de recommandations à l’administrateur militaire. Happy Kalungero, porte-parole du mouvement citoyen Jeunesse Consciente qui faisait partie de la délégation, fait savoir que la souffrance a dépassé les bornes et que les autorités doivent traiter cette question des ADF au même titre que celle de la rébellion du M23-AFC.
« Nous sommes venus représenter les populations déplacées qui sont maintenant à Butembo, Musimba, Kyambogho et ailleurs. Nous nous posons la question de savoir comment nous aurons la paix. Et comme l’administrateur militaire est le répondant direct de l’entité, nous sommes venus le voir et déposer juste un mémorandum qui regorge nos recommandations. La recommandation clé, c’est la relève de toutes les troupes et leurs chefs, mais le retrait des éléments UPLC dans les milieux ciblés régulièrement par les ADF », a-t-il dit dans une interview après le dépôt du mémorandum.
Devant la foule composée des hommes et femmes déplacés, le colonel Kiwewa Mitela Alain, administrateur militaire du territoire de Lubero, a rassuré sur la détermination des forces de sécurité et de défense dans le rétablissement de la paix. Cependant, il a appelé la population à toujours collaborer avec les forces loyalistes dans le cadre de la dénonciation en vue de leur permettre d’intervenir avec promptitude.
« Vous l’avez dit dans votre mémo que nous tous voulons la paix. Si vous avez vu nos forces de défense sur place, c’est pour qu’il y ait la paix. Nous n’avons pas à nous condamner pour dire : c’est tel qui a bien fait, c’est tel autre qui ne fait pas bien son travail. Au contraire, dans chaque action il faut une nouvelle solution. Soyons tous rassurés que l’État ne dort pas, nos forces de défense ne dorment pas. Et même le gouverneur ne dort pas. La fois dernière, vous l’avez entendu, il s’est rendu à Walikale, tout ça c’est pour lancer un message de paix. Il a lancé même un message de dénonciation parce que l’ennemi se camoufle parmi nous comme population. C’est question de dénoncer », a-t-il dit à ces déplacés venus le voir.
Pour rappel, depuis la recrudescence de l’insécurité à Lubero, des mouvements citoyens, groupes de pression et structures féminines ne cessent de dénoncer les actes criminels et terroristes des ADF-MTM. Le mercredi 19 novembre, les activités ont été paralysées dans plusieurs agglomérations de Lubero ; le vendredi 28 novembre, les groupes de pression et mouvements ont appelé à une ville morte au même moment où la délégation de déplacés s’est rendue à Lubero-centre pour déposer un mémorandum d’indignation à l’autorité territoriale. Toutes ces actions s’inscrivent dans le cadre de la réclamation de la paix.
David Mayani