RDC-Rwanda : L’accord économique régional retardé malgré la médiation américaine
La République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda ne signeront finalement pas cette semaine l’accord d’intégration économique régionale conclu sous l’égide des États-Unis. Selon l’agence de presse Reuters, quatre sources proches du dossier ont confirmé que les négociations organisées à Washington se sont achevées sans aboutir à une signature, malgré des textes déjà finalisés.
Fin juin, Kinshasa et Kigali avaient signé un accord de paix, à l’issue de pourparlers conduits par l’administration de Donald Trump. Ce texte prévoyait la fin des combats dans l’est congolais ainsi qu’un afflux de milliards de dollars d’investissements occidentaux dans une région riche en minerais stratégiques comme le tantale, le cobalt, le cuivre, l’or ou encore le lithium. Si Donald Trump a déclaré que « la guerre entre les deux pays est terminée », la réalité sur le terrain demeure fragile . L’armée congolaise et les rebelles du M23, soutenus par Kigali selon Kinshasa, continuent de renforcer leurs positions militaires et s’accusent mutuellement de violations des engagements pris.
Selon un représentant rwandais cité par Reuters, la signature de l’accord économique, connu sous le nom de Regional Economic Integration Framework (REIF), a été bloquée par le refus de la RDC, alors que les discussions semblaient sur le point d’aboutir. Une autre source a indiqué que Kinshasa conditionne toute avancée à un retrait préalable de « 90 % des troupes rwandaises » de son territoire, comme prévu dans l’accord de paix de juin. « Ils vont devoir appeler Donald Trump au téléphone », a ajouté une source impliquée dans les pourparlers.
Toujours selon Reuters, le conseiller principal de Donald Trump pour l’Afrique, Massad Boulos, espérait voir ce cadre économique et d’autres accords entérinés par les chefs d’État des deux pays d’ici le 23 octobre, lors d’une visite prévue à Washington. Pour l’heure, ni Kinshasa, ni Kigali, ni le département d’État américain n’ont répondu aux sollicitations de commentaires.
La rédaction