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Kisangani : Un appel collectif exige la libération immédiate du militant Jedidia Mabela

Kisangani : Un appel collectif exige la libération immédiate du militant Jedidia Mabela

Un collectif d’organisations citoyennes et de défense des droits humains a lancé, ce 4 octobre 2025 à Kisangani, un appel collectif pour la libération du militant Jedidia Mabela, arrêté puis condamné à six mois de prison. Le document, signé par plusieurs acteurs de la société civile, dénonce ce qu’il qualifie comme une dérive autoritaire du gouvernement provincial de la Tshopo et une vague de répression contre les voix critiques.

Selon le communiqué, le gouvernement provincial a « financé et organisé deux concerts publics de la chanteuse Rebo Tchulo en l’honneur de Félix Tshisekedi », du 16 au 17 août 2025, alors même que « la population de Kisangani et d’autres entités attendent désespérément des solutions concrètes aux problèmes urgents d’électricité, d’eau potable et de sécurité ». Les signataires dénoncent ce qu’ils pensent être un gaspillage de fonds publics « dans un divertissement sans impact réel sur la vie quotidienne des citoyens ».

La tension est montée d’un cran le 30 août dernier, lorsque « un proche du gouverneur a publiquement accusé, de manière infondée, les militants du mouvement citoyen LUCHA d’être les ennemis de la province ». Le texte affirme qu’à la suite de ces accusations, « une vague de répression, de menaces et d’intimidations s’est immédiatement abattue » sur les militants, entraînant l’arrestation de Jedidia Mabela, la disparition de Zacharie Kingombe et la mise sous pression de plusieurs autres activistes.

Face à cette situation, les signataires exigent « la libération immédiate et sans condition de Monsieur Jedidia Mabela ainsi que toute la lumière sur la disparition de Zacharie Kingombe ». Ils réclament aussi « la cessation des pratiques brutales et de répression politique contraires à la constitution et aux lois nationales » et demandent à l’Assemblée provinciale « d’exercer pleinement son pouvoir de contrôle sur l’utilisation des plus de 150 millions de francs congolais consacrés à ces événements culturels ».

Le collectif interpelle en outre le ministre national des Droits humains pour qu’il s’implique directement dans cette affaire, « afin de diligenter une enquête sur ces cas de violations manifestes des droits fondamentaux, de s’assurer des responsabilités pour persécuter les militants, rétablir la justice et garantir les libertés fondamentales des habitants de la province de Tshopo ».

« Il est grand temps que la société civile, les mouvements citoyens, l’opposition politique, les journalistes, les confessions religieuses et toutes les forces vives de Kisangani se mobilisent pour dire NON à la terreur, NON aux abus », explique le texte.

Cette déclaration intervient dans un contexte où plusieurs observateurs dénoncent la montée d’un climat de méfiance et de répression envers les mouvements citoyens en République démocratique du Congo. À Kisangani comme ailleurs, le durcissement de la parole officielle et la restriction de l’espace civique ravivent les inquiétudes quant au respect des droits fondamentaux et à l’avenir de la démocratie locale.

Franck Kaky

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