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Massacres au Nord-Kivu : L’UE veut briser son silence, les USA mobilisent le Conseil de sécurité

Massacres au Nord-Kivu : L’UE veut briser son silence, les USA mobilisent le Conseil de sécurité

Après un long moment de silence sur la crise sécuritaire à l’Est de la République Démocratique du Congo, traitée par les États-Unis et le Qatar, l’Union Européenne cherche à s’inviter au débat.

Dans sa récente sortie médiatique après ses échanges notamment avec le président de la République et le speaker de l’Assemblée nationale, le VPM, ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement, Maxime Prévot, s’engage à remettre la situation de la crise sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC au menu de l’agenda de l’Union Européenne. Pour ce diplomate belge, l’exclusion de l’Union Européenne dans la recherche de la solution de cette crise est injustifiée.

« Que ça ne soit pas finalement une situation passée sous silence au motif que l’initiative a été prise par les États-Unis d’Amérique et par le Qatar, des initiatives louables, des initiatives que nous soutenons parce que nous voulons croire à la bonne foi de l’ensemble des parties, qu’il s’agisse de la RDC et du Rwanda, pour œuvrer à une paix qui est indispensable à obtenir de manière rapide et durable à l’Est du Congo, et les Européens doivent rester vigilants sur cette situation », a déclaré le chef de la diplomatie belge.

Il déplore le silence de l’UE face à cette crise, en dépit des nombreuses violations des droits humains documentées par les organisations internationales indépendantes. Ainsi, Maxime Prévot s’engage à remettre ce débat lors des futurs conseils européens des Affaires étrangères. Pour lui, les processus de Washington et de Doha ne sont pas exclusifs de l’implication de l’Union Européenne dans cette question.

« Je pense que c’est quelque chose que nous devons rectifier, le fait que Doha et Washington soient dans un processus qui implique le gouvernement congolais, les autorités rwandaises, le M23, ne doit pas exonérer les Européens de continuer de se mobiliser pour la crise humanitaire, indépendamment de la question politique, mais à côté de celle-ci, la crise humanitaire qui sévit à l’Est du Congo et pour laquelle procurer les services de base essentiels, l’accès à l’eau, à l’électricité, aux soins reste indispensable à procurer aux populations qui n’ont rien demandé d’être, certainement pas, la victime du conflit », a-t-il souligné.

Le diplomate belge déplore par ailleurs le fait qu’il existe un décalage entre la rhétorique sur la scène internationale et la réalité sur le terrain. Paradoxalement, s’inquiète notre source, c’est pendant le mois de la signature de l’accord que les violences se sont multipliées dans des zones occupées par les rebelles du M23. Il dit dénoncer, pendant ce temps, l’attitude du M23, qui s’est comporté en État dans l’État.

« Il y a motif à avoir toujours d’énormes préoccupations par rapport à la situation à l’Est du Congo où l’on voit, du reste, le M23 s’installer, organiser sa propre administration, son propre appareil de justice, remplacer les chefs coutumiers, se comporter finalement comme si les territoires étaient devenus leur État. Ce n’est pas acceptable. La Belgique a toujours été une grande défenderesse des principes de droit international, y compris évidemment de l’intégrité des territoires et de la souveraineté des États, ce qui n’est actuellement pas du tout garanti ni respecté à l’Est du Congo», a t-il déploré.

Les États-Unis recadrent des tirs

Face aux récents massacres perpétrés par les rebelles du M23 à Rutshuru, les États-Unis ont officiellement demandé la tenue d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies, afin d’examiner les atrocités commises contre les civils, notamment par les rebelles de l’AFC/M23.

Cette initiative intervient dans un contexte de crise humanitaire aiguë, marqué par des massacres, viols collectifs, enlèvements et attaques d’hôpitaux dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, selon les rapports récents d’Amnesty International et Human Rights Watch.

Les États-Unis insistent sur la nécessité de reddition de comptes, affirmant qu’ils continueront à œuvrer pour que ceux qui sapent la paix, la stabilité ou la sécurité aient à en répondre devant la justice internationale.

Le rapport de Human Rights Watch publié le même jour accuse l’AFC/M23 d’avoir massacré plus de 140 civils en juillet 2025, dans le territoire de Rutshuru, près du parc des Virunga. La majorité des victimes seraient des agriculteurs hutus, tués dans leurs champs ou leurs villages.

Azarias Mokonzi

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