Rutshuru : Pillage écologique et famine sous le contrôle du RDF-M23, ( dénonciation)
Le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu, traverse une véritable tragédie écologique et humanitaire. D’après Aimé Mukanda Mbusa, un notable de Rutshuru et défenseur des droits humains, plus de 1 000 hectares de terres agricoles ont été confisqués aux habitants de Kiwanja et remis à des ressortissants rwandais expatriés.
« Dans le groupement de Binza, les habitants n’ont pas pu accéder à leurs champs depuis plus de deux mois, ce qui plonge 99 % des agriculteurs dans une famine sévère », prévient-il.
La situation se détériore encore dans le groupement de Kisigari (Rubare, Kalengera, Rumangabo, Kako, Kivunge, Kabaya), où, dit-il, ces mêmes groupes abattent massivement des arbres pour produire du bois et du charbon. Selon Mukanda Mbusa, ces ressources seraient exportées vers le Rwanda pour alimenter le centre de formation du mouvement armé RDF-M23 à Rumangabo.
Il renseigne que depuis juin, les plantations d’eucalyptus privées sont également exploitées sans autorisation. Parallèlement, ce notable laisse entendre que le Parc national des Virunga subit l’abattage d’animaux emblématiques, buffles, hippopotames, éléphants, sous l’œil impuissant et parfois complice de certains responsables de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), selon plusieurs témoignages.
Face à cette crise, Aimé Mukanda Mbusa appelle les organisations humanitaires à intervenir d’urgence pour venir en aide aux populations touchées et exhorte le gouvernement congolais à rétablir son autorité par des actions concrètes et déterminées. « Aucune solution durable ne viendra de Doha ou du Qatar. C’est par la restauration de l’autorité de l’État que nous sauverons Rutshuru », insiste-t-il.
Eugène Vomba