Goma : Le FRN compense ses pertes militaires par des recrutements forcés des jeunes ( témoignages)
À Goma et dans ses environs, la détresse de la population civile atteint des proportions inhumaines. Face aux lourdes pertes subies sur les lignes de front, les rebelles de FRN de Joseph Kabila recourent à des méthodes d’une cruauté extrême pour combler leurs rangs. Outre l’enrôlement forcé des jeunes, la terreur nocturne et l’exécution systématique des récalcitrants, ces assaillants font de la population leur marchepieds.
D’après les témoignages poignants recueillis directement auprès de la population locale, la stratégie des insurgés s’intensifie à chaque fois qu’ils essuient des revers militaires majeurs. Ne disposant plus de recrues volontaires, ils se tournent vers les habitations civiles une fois la nuit tombée.
Les rebelles passent désormais leurs nuits à traquer les jeunes garçons et hommes directement dans leurs maisons. Le choix qui leur est imposé est d’une simplicité macabre : rejoindre les rangs pour combattre ou être exécuté sur-le-champ.
« Lorsqu’ils subissent des pertes et n’ayant pas des volontaires, ils traquent les jeunes. Moi je n’ai plus des nouvelles ce mon enfant depuis plusieurs mois. Ils sont nombreux les jeunes de mon quartier qui sont sans nouvelles depuis leur traque.», confie une maman désespérée sur place à Goma.
Un autre habitant déplore la déshumanisation dont ils sont victimes. « Nous sommes considérés comme des sous-hommes, et traités véritablement comme des esclaves à Goma », confie, sous l’anonymat, une autre mère de famille traumatisée par les événements. Les civils ne sont plus perçus par les assaillants comme des êtres humains, mais comme de la main-d’œuvre sacrifiable ou des boucliers humains., dit-elle.
Le supplice des dépouilles : une arme de terreur psychologique
Pour briser toute tentative de résistance ou de désobéissance civile, les rebelles ont instauré des méthodes de torture psychologique inédites et barbares. Lorsqu’un jeune refuse de s’enrôler et qu’il est abattu, les rebelles interdisent à la famille de procéder aux obsèques.
« Il est arrivé un moment où, lorsqu’ils tuent quelqu’un, on laisse la dépouille dans votre maison et on vous interdit de sortir à l’extérieur pendant 4 ou 5 jours. On souffre avec l’odeur de la dépouille et la famine. Celui qui ose enterrer est systématiquement arrêté ou éliminé physiquement. Nous vivons l’inacceptable », témoigne cette mère en détresse.
Cette stratégie de séquestration avec les corps en décomposition vise à terroriser des quartiers entiers, empêchant toute velléité de révolte. Le deuil, acte fondamental d’humanité, devient passible de mort.
Un appel au secours
Face à l’inacceptable
La situation humanitaire et sécuritaire dans le Nord-Kivu, particulièrement autour du pôle stratégique de Goma, ne cesse de franchir de nouveaux seuils dans l’horreur. Les cris de détresse des mamans et des familles, prisonnières de ce huis clos sanglant, constituent un appel urgent aux forces de défense régulières et à la communauté internationale pour stopper ces exactions et protéger une jeunesse prise au piège d’une guerre impitoyable.
Azarias Mokonzi