Nord-Kivu : Plus de 2 400 civils massacrés par les ADF en deux ans dans le secteur de Bapere
Le secteur de Bapere, situé dans le territoire de Lubero au Nord-Kivu, traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire. En l’espace de deux ans, la terreur imposée par les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) a coûté la vie à plus de 2 000 personnes, illustrant l’ampleur de la crise humanitaire et sécuritaire qui secoue cette partie de la République Démocratique du Congo.
Selon Samuel Kaheni, président de la société civile locale, la violence a atteint un pic particulièrement alarmant à partir de juin 2024. Les assaillants ont concentré leurs exactions sur les populations civiles, transformant les axes routiers en véritables couloirs de la mort.
« Nous avons documenté plus de 2 400 décès. Des personnes massacrées par les ADF », a-t-il déploré, précisant que la majorité des victimes ont été lâchement exécutées sur l’axe Mangurijipa.
Au-delà de ce bilan humain effroyable, le secteur de Bapere subit des destructions matérielles massives.
Les incursions rebelles s’accompagnent systématiquement d’incendies de maisons, de pillages et de la destruction d’infrastructures scolaires, hypothéquant l’avenir des enfants de la région. À cela s’ajoute le drame des enlèvements de civils, dont le sort reste souvent incertain.
Face à cette tragédie, la structure citoyenne plaide pour une union sacrée des forces professionnelles et de la population. Samuel Kaheni appelle la communauté locale à sceller un véritable « mariage » avec les forces régulières afin de fluidifier le partage de renseignements et de faire bloc contre la menace terroriste islamiste.Malgré la gravité de la situation, une accalmie relative commence à se faire ressentir depuis quelques mois dans la zone.
Le président de la société civile attribue cette amélioration à la nouvelle dynamique opérationnelle mise en place sur le terrain. Les opérations conjointes menées par l’armée congolaise (FARDC) et l’armée ougandaise (UPDF), appuyées par l’engagement des combattants résistants locaux « Wazalendo », permettent de desserrer l’étau autour du secteur de Bapere et de redonner un fragile espoir aux survivants.