Bunia : Plus de 20 000 déplacés chassés de leur camp, le député Gracien Iracan dénonce le mutisme des autorités
Le député national Gracien Iracan de Saint Nicolas a vivement dénoncé, lors de la plénière de l’Assemblée nationale du lundi 28 septembre 2026, la crise humanitaire et sécuritaire qui secoue la ville de Bunia et le territoire de Djugu, dans la province de l’Ituri. L’élu de Bunia a révélé qu’un site de déplacés, situé à cheval sur les quartiers Muzipella et Bigo est assiégé depuis neuf jours par des éléments armés, provoquant le déplacement forcé de plus de 20 000 personnes.
Sans identifier nommément les responsables de cette opération, le parlementaire a affirmé que les occupants du camp ont été brutalement chassés et errent désormais dans la nature.
« On a dispersé plus de 20 000 personnes qui sont en train d’errer dans la nature et n’ont pas où dormir. Femmes enceintes, enfants et vieillards restent à la belle étoile », a-t-il déploré du haut du perchoir de l’Assemblée nationale.
Selon ses déclarations, ces personnes vulnérables ont abandonné le peu de biens qu’elles possédaient dans le camp, alors que la situation sur place reste rythmée par des détonations d’armes à feu.
Gracien Iracan a fermement condamné le silence des institutions face à la gravité des faits. Il qualifie cette attitude de violation flagrante du droit international humanitaire. L’élu du peuple estime que si les forces de l’ordre soupçonnaient une infiltration criminelle au sein du camp, une approche différente aurait dû être privilégiée
« Si l’armée était informée d’une quelconque infiltration au sein de ce camp de déplacés, elle allait faire un tri d’une manière professionnelle, pour arrêter ces présumés criminels », a-t-il martelé, regrettant que ni le gouvernement central, ni le gouvernement provincial, ni l’armée ou la police n’aient communiqué pour éclairer l’opinion.
Le tableau sécuritaire dressé par le député national ne se limite pas à la ville de Bunia. En territoire de Djugu, Gracien Iracan a signalé que des miliciens ont également fait irruption dans le camp de déplacés de Rhoo.
Chassés de leur site initial, ces déplacés de guerre ont trouvé refuge au sein de la paroisse catholique de Drodro, où ils bénéficient actuellement de la protection des casques bleus de la MONUSCO.
Face à la forte promiscuité dans laquelle s’entassent désormais ces milliers de familles à Drodro et à Bunia, le député a exprimé sa vive inquiétude quant aux risques sanitaires, évoquant notamment le danger d’une propagation du virus Ebola.
Ainsi pour cette raison, Gracien Iracan de Saint Nicolas a formellement sollicité l’implication immédiate du président de l’Assemblée nationale. Il demande au bureau de la chambre basse du parlement d’exercer une pression politique forte sur le gouvernement afin d’apporter une réponse urgente et adéquate à cette double crise sécuritaire et humanitaire.
Azarias Mokonzi