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Dialogue national en RDC : John Banyene appelle à une attention particulière pour le Nord-Kivu

Dialogue national en RDC : John Banyene appelle à une attention particulière pour le Nord-Kivu

Le président de la société civile du Nord-Kivu, John Banyene, salue l’annonce par le président de la République de consultations qui devraient précéder la tenue d’un dialogue national. Dans une réaction à cette initiative, il plaide pour une approche véritablement inclusive et insiste sur la nécessité d’accorder une attention particulière au Nord-Kivu, une province durement éprouvée par plus de trois décennies de conflits armés.

Pour John Banyene, le Nord-Kivu ne peut être traité comme une province ordinaire dans le cadre des futures consultations. La situation sécuritaire et humanitaire, ainsi que les conséquences de décennies de violences, exigent, selon lui, une mobilisation dépassant le seul cadre national.

« Je crois que le Nord-Kivu, étant une province meurtrie, nécessite vraiment une attention particulière de toutes les autorités, pas seulement nationales, mais aussi régionales et internationales, par rapport à tout ce que nous sommes en train de traverser actuellement », fait-il savoir.

Le président de la société civile du Nord-Kivu accueille favorablement l’annonce faite par le chef de l’État concernant l’organisation de consultations suivies d’un dialogue national. Pour lui, le recours au dialogue peut constituer une étape importante dans la recherche de la paix, à condition que le processus soit véritablement inclusif et franc.

« Le chef de l’État a annoncé qu’il y aurait des consultations qui seront suivies par le dialogue national, ce qui est une bonne chose parce que vous savez que pour avoir la paix, il faut qu’il y ait aussi un dialogue et le dialogue doit être vraiment inclusif, franc », estime John Banyene.

Toutefois, il appelle les autorités à tirer les leçons des précédentes initiatives de dialogue organisées pour tenter de résoudre la crise dans l’est de la RDC. Il évoque notamment la Conférence de Goma de 2009, dont l’expérience, selon lui, doit servir d’avertissement.

« Nous avons déjà participé à beaucoup de dialogues de ce genre. Là, je peux citer la conférence de Goma, en 2009, c’était aussi du genre dialogue des enfants de l’Est, mais malheureusement il y a eu des accords signés dans les coulisses que les participants ne connaissaient même pas », rappelle-t-il.

Dans la perspective des consultations annoncées au niveau des provinces, le président de la société civile du Nord-Kivu estime que la démarche pourrait répondre aux attentes d’une population qui aspire depuis longtemps à la paix et à la sécurité.

« Mais aujourd’hui, par rapport à ces consultations qui sont prévues au niveau de la province, je crois que ça serait un ouf de soulagement parce que la population du Nord-Kivu a besoin de la paix, de la sécurité, qui est aussi un droit pour elle », dit-il.

Il rappelle que la population du Nord-Kivu vit sous la menace des violences armées depuis plusieurs décennies, une situation qui, selon lui, compromet l’avenir de toute une génération.

« Ça fait maintenant plus de trois décennies de guerre. C’est toute une génération de gens qui sont nés dans la guerre et aujourd’hui ils grandissent dans la guerre, ils ont quel avenir ? », s’interroge le leader de la société civile.

John Banyene insiste enfin sur la nécessité d’une participation effective de toutes les composantes de la population aux consultations. Il redoute que les préoccupations exprimées par les citoyens soient, comme par le passé, écartées lorsqu’elles ne correspondent pas aux attentes des autorités.

« Je crois que nous sommes en train d’insister pour ce qui concerne les consultations qui concernent toutes les couches de la population. On doit prendre en considération les desiderata de la population parce que souvent, quand les autorités consultent les gens et que ce qu’ils disent ne rencontre pas leur entendement, elles ont tendance à pouvoir mettre de côté ce que dit la population. Nous espérons que ça ne sera pas le cas cette fois-ci », prévient John Banyene.

Alors que le président de la République envisage d’engager des consultations avant la tenue d’un dialogue national, la société civile du Nord-Kivu entend ainsi défendre la prise en compte des aspirations réelles de la population. Pour John Banyene, la réussite de ce processus dépendra notamment de son caractère inclusif, de sa transparence et de la considération accordée aux propositions formulées par les différentes couches de la société.

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