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Mambasa : Neuf ex-otages des ADF échappent à un lynchage populaire après leur fuite

Mambasa : Neuf ex-otages des ADF échappent à un lynchage populaire après leur fuite

Neuf civils, dont cinq femmes, ont réussi à s’échapper des mains des terroristes des Forces Démocratiques Alliées (ADF) dans la forêt d’Elake, en territoire de Mambasa (Ituri).

Enlevées en mai dernier à Biakato, ces personnes ont miraculeusement survécu à leur captivité, pour ensuite frôler le pire face à une population en colère.

La libération de ces otages est la conséquence directe de la pression militaire exercée dans la région. Les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), agissant en coalition avec l’armée ougandaise (UPDF), ont mené de vastes offensives contre plusieurs bastions rebelles dans la chefferie des Babila Babombi. C’est à la faveur de ces bombardements et assauts que les captifs ont pu fausser compagnie à leurs bourreaux.

Le soulagement des rescapés a pourtant failli tourner au drame lors de leur retour à la vie civile. En sortant de leur cachette au village de Lwemba, les neuf civils ont été pris à partie par des habitants locaux.

Pensant avoir affaire à des infiltrés ou à des éléments de l’ADF, la foule en colère a tenté de les lapider. Ils ont été sauvés de justesse grâce à l’intervention rapide des forces de l’ordre déployées dans la zone.

Face à ce grave incident, les défenseurs des droits de l’homme tirent la sonnette d’alarme. Zephani Kathaliko, activiste local, condamne fermement cette réaction de la communauté et met en garde contre les dérives d’une justice expéditive.

« Nous demandons à la population de se garder de la justice populaire. Elle peut coûter la vie à des innocents qui ont réussi à s’échapper des mains des ADF, mais aussi permettre aux véritables ennemis de disparaître dans la nature sans être identifiés », interpelle-t-il.

Cet événement met en lumière la psychose générale et le niveau de tension extrême qui règnent actuellement dans la chefferie des Babila Babombi.

Depuis plusieurs semaines, cette partie de l’Ituri fait face à une multiplication d’attaques sanglantes attribuées aux terroristes ADF, plongeant les communautés locales dans une méfiance permanente où chaque inconnu devient un suspect potentiel.

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