RDC : Pourquoi les députés ne contrôlent pas la stratégie militaire contre les ADF
La commission défense et sécurité de l’Assemblée nationale n’a pas le pouvoir légal de convoquer directement les chefs militaires pour contrôler la conduite de la guerre contre les rebelles ADF.C’est le constat majeur dressé par le député national Carly Kasivitha, vice-président de cette commission, lors d’un récent débat sur un espace de discussion en ligne animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala.
Alors que la population civile, meurtrie par les atrocités des terroristes ADF à Beni et dans ses environs, attend des actions fortes de la part de ses élus, cette sortie médiatique met en lumière les limites constitutionnelles et juridiques du contrôle parlementaire sur les opérations de terrain.
Selon l’élu de Beni, la gestion tactique et opérationnelle de la guerre relève exclusivement de l’état-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Sur le plan légal, la représentation nationale souffre d’un vide de compétences directes face aux commandants militaires.
A l’en croire, aucun cadre légal ne permet aux députés d’auditionner directement les généraux et l’état-major général répond devant l’exécutif, pas devant le Parlement.
Face à ces restrictions, la commission défense et sécurité ne reste pas inactive mais doit contourner l’obstacle en passant par le canal gouvernemental. Carly Kasivitha a révélé que les députés maintiennent une pression indirecte à travers des auditions régulières du ministre de la Défense nationale voire la tenue des plénières à huis clos pour aborder les questions budgétaires et logistiques.
Ce constat du député Kasivitha rappelle la frustration des populations de l’Est de la RDC, qui espéraient voir l’Assemblée nationale taper du poing sur la table face à la persistance de l’insécurité. Le débat est désormais lancé sur la nécessité, ou non, de réformer les textes pour accorder un droit de regard plus direct aux élus sur la gestion des crises sécuritaires majeures.