Répression du sit-in de l’opposition à Kinshasa : La version du gouvernement contestée par les observateurs
La récente répression du sit-in de l’opposition de la plateforme « Coalition 64 » aux abords du Palais du Peuple à Kinshasa continue de faire couler beaucoup d’encre. Alors que de nombreuses condamnations s’élèvent contre l’intervention des forces de l’ordre, le gouvernement, par la voix de la vice-ministre de l’Intérieur, Eugénie Tshiela Kamba, qualifie ces accusations de « mise en scène ».
Arrivée sur les lieux pour dresser un constat, la vice-ministre de l’Intérieur a rejeté en bloc les images de violences, de blessés et de sang circulant sur les plateformes numériques. Pour Eugénie Tshiela Kamba, l’opposition a orchestré un « simulacre de spectacle » en utilisant le sang d’animaux immolés, transporté dans des bouteilles pour simuler une répression sanglante.
Selon l’autorité gouvernementale, la Police Nationale Congolaise (PNC) a fait preuve d’un grand professionnalisme, garantissant le respect des droits de l’homme lors de la dispersion des manifestants. Elle a notamment nié toute utilisation de balles réelles dans le périmètre du Palais du Peuple.
Cette sortie médiatique contraste fortement avec les témoignages, les constats des observateurs et les documents publiés par des organisations de défense des droits de l’homme. Sur place, la situation s’est avérée particulièrement tendue pour ce rassemblement prévu de longue date et délocalisé au préalable par l’hôtel de ville.Des témoins et des ONG ont documenté des dérapages sévères, pointant du doigt l’implication d’éléments en civil identifiés comme appartenant à la « Force du progrès », une structure de sécurité du parti présidentiel (UDPS), agissant aux côtés ou avec la complicité passive des forces de l’ordre.
De nombreux manifestants et figures de l’opposition ont été malmenés et blessés au cours de cette journée, soulevant de vives inquiétudes quant à l’espace démocratique et aux libertés publiques. L’implication présumée de milices de parti politique dans des opérations de maintien de l’ordre public continue d’alimenter la controverse politique.
Azarias Mokonzi