Prise en charge des militaires : La polygamie, un obstacle majeur identifié par les Finances
Devant la Commission Défense et Sécurité de l’Assemblée nationale, le Ministre des Finances, Doudou Fwamba, a levé le voile sur les défis structurels qui entravent l’efficacité des dépenses militaires en République Démocratique du Congo. Entre manque de coordination dans l’achat d’armes et complexités sociales dans la prise en charge des familles de militaires, l’heure est aux réformes.
L’une des révélations majeures du rapport de la commission concerne la chaîne d’approvisionnement militaire. À ce jour, la coordination en matière d’achat d’armes reste une problématique non résolue. Selon l’argentier national, ce dysfonctionnement est principalement dû à un vide technologique : l’absence d’une base de données électronique centralisée des renseignements.
Ce manque de visibilité en temps réel sur les besoins et les stocks complique l’allocation efficiente des ressources. Toutefois, le Ministre se veut optimiste. Il mise sur les dernières résolutions du Conseil supérieur de la Défense pour instaurer un mécanisme de suivi plus rigoureux et harmonisé, permettant ainsi d’optimiser les capacités de feu des Forces Armées de la RDC (FARDC).
Outre l’équipement, la question du capital humain a été au cœur des échanges. Doudou Fwamba a réaffirmé l’engagement du gouvernement à assurer la prise en charge des militaires rescapés du front ainsi que des familles des soldats tombés au champ d’honneur.
Une condition sine qua non a été posée : seuls les survivants préalablement enregistrés sur les listes officielles bénéficieront de cet accompagnement. Cette mesure vise à assainir le fichier des effectifs et à s’assurer que les fonds atteignent les véritables bénéficiaires.
Le Ministre a cependant pointé du doigt une difficulté sociale majeure qui ralentit l’indemnisation des familles des défunts : la pluralité des unions conjugales. Dans de nombreux cas, la présence de plusieurs foyers pour un même militaire complique l’identification légale des ayants droit, créant des contentieux qui retardent le versement des aides.
Ces déclarations soulignent une volonté de transparence dans un secteur souvent opaque. Si les intentions sont claires, la réussite de ces réformes dépendra de la célérité avec laquelle la base de données centralisée sera déployée et de la capacité de l’administration militaire à simplifier les procédures successorales pour les familles des héros nationaux.
Azarias Mokonzi