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RDC : L’ONU dénonce un carnage avec plus de 1 300 exécutions en cinq mois

RDC : L’ONU dénonce un carnage avec plus de 1 300 exécutions en cinq mois

À Genève, lors de la 61ᵉ session du Conseil des droits de l’homme, la Haut-Commissaire adjointe Nada Al-Nashif a brossé un tableau apocalyptique de la situation sécuritaire et humanitaire en République démocratique du Congo (RDC). Entre exécutions sommaires, enlèvements et violences sexuelles systématiques, les civils paient le prix fort d’un conflit qui ne cesse de s’enraciner.

Les chiffres avancés par le Bureau des Nations Unies aux droits de l’homme sont vertigineux. En seulement cinq mois, le pays a basculé dans une violence d’une rare intensité.

« Au cours des cinq derniers mois seulement, notre Bureau a recensé quelque 600 exécutions sommaires, qui ont coûté la vie à plus de 1 300 personnes. Près de 1 500 personnes ont été enlevées durant cette même période ; 1 200 autres ont subi des violences physiques, notamment des actes de torture, des viols et d’autres traitements inhumains. Le recours persistant à la violence sexuelle comme arme de guerre inflige des souffrances indicibles aux femmes et aux filles congolaises. Depuis octobre, notre bureau a recensé quelque 450 victimes de violences sexuelles et sexistes, tandis que l’UNICEF continue d’alerter sur l’escalade des violences sexuelles à l’encontre des enfants », a déploré Nada Al-Nashif, Haut-Commissaire adjointe aux droits de l’homme.

Nada Al-Nashif a particulièrement dénoncé le recours persistant à la violence sexuelle comme arme de guerre. Un traumatisme qui frappe au cœur de la société congolaise. L’UNICEF signale une escalade alarmante des abus sexuels visant spécifiquement les enfants.

Ces actes ne sont pas des dommages collatéraux, mais des stratégies délibérées visant à détruire le tissu social et à terroriser les populations, ajoute la même source.

« Les civils sont la cible d’attaques perpétrées par de nombreux groupes armés, notamment le M23, soutenu par le Rwanda, les Forces démocratiques alliées (ADF) et la CODECO. Ils sont également les principales victimes des affrontements entre ces groupes et les forces armées congolaises, appuyées par les milices Wazalendo. Nos équipes en RDC offrent une assistance juridique aux victimes et les orientent vers des services de soutien », fait entendre notre source.

Malgré ces efforts, l’appel de Genève est clair : sans une pression internationale accrue et une volonté politique réelle de mettre fin aux hostilités, le décompte des victimes continuera de s’alourdir, plongeant la RDC dans une crise des droits humains sans issue prévisible.

Azarias Mokonzi

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