RDC : La justice française ouvre une enquête pour crime de guerre après la mort d’une humanitaire de l’Unicef à Goma
La justice française a annoncé l’ouverture d’une enquête pour crime de guerre après la mort d’une employée humanitaire française de l’Unicef, tuée lors d’une frappe aérienne dans l’est de la République démocratique du Congo. L’attaque, survenue mercredi dernier à Goma, a également coûté la vie à deux civils. L’origine du tir reste pour l’instant inconnue.
Selon le parquet national antiterroriste de France, cité par nos confrères de france24.com, une enquête « de flagrance contre X du chef de meurtre constitutif de crime de guerre » a été ouverte ce vendredi 13 mars afin d’élucider les circonstances de ce drame. La même source ajoute que les investigations ont été confiées à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité et les crimes de haine (OCLCH), une unité spécialisée de la gendarmerie française chargée notamment d’enquêter sur les crimes internationaux.
Les enquêteurs devront notamment déterminer « les circonstances de commission des faits » et « tenir informés les proches de la victime », ont précisé les autorités judiciaires françaises.
La victime, une ressortissante française âgée de 54 ans, travaillait pour l’UNICEF. Elle a été tuée mercredi à l’aube dans la ville de Goma après « que la maison qu’elle occupait eut été atteinte par un engin explosif », a indiqué le pôle de répression des crimes internationaux du parquet national antiterroriste.
D’après les premières informations, les faits seraient liés au conflit armé qui secoue l’est de la République démocratique du Congo, opposant les forces gouvernementales au mouvement rebelle Mouvement du 23 mars. Le parquet souligne que l’attaque apparaît « en lien avec une situation de conflit armé opposant les forces congolaises et le mouvement dit M23 ».
La Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo a indiqué que l’humanitaire avait été tuée lors d’une frappe de drone non revendiquée. La ville de Goma est sous le contrôle de la rébellion AFC/M23 depuis janvier 2025, dans un contexte de tensions militaires persistantes dans la région.
Dans un communiqué, l’Unicef s’est dite « profondément bouleversée et indignée » par la mort de son employée, identifiée comme Karine Buisset. L’organisation onusienne a précisé qu’elle avait été « tuée lors d’une attaque de drone sur un bâtiment abritant des travailleurs humanitaires à Goma ».
Cette enquête ouverte par la justice française devra désormais déterminer les responsabilités éventuelles dans cette attaque qui a également causé la mort de deux civils et ravivé les inquiétudes sur la sécurité des travailleurs humanitaires dans l’est de la RDC, une région en proie à un conflit armé persistant.
Franck Kaky