Accords de Washington : Le MOSSAC dénonce une atteinte à la souveraineté congolaise
La Mobilisation pour la Sauvegarde de la Souveraineté et de l’Autonomie Congolaise, MOSSAC en sigle, une coalition de 81 organisations congolaises, critique fermement les Accords de Washington signés en décembre 2025 entre la RDC, les États-Unis et le Rwanda. Dans une déclaration publiée ce 16 février 2026, cette coalition dit estimer que ces accords menacent la souveraineté nationale.
Pour ces organisations citoyennes, présentés comme un cadre de « Paix pour les minéraux », ces textes lient coopération sécuritaire et exploitation des ressources. Le partenariat stratégique, font-elles remarquer, prévoit notamment que la RDC fournisse « une liste de tous ses projets nationaux de développement du coltan, du cuivre, du manganèse et de l’or afin que les États-Unis décident à quelles entreprises les allouer ». Pour le MOSSAC, cela revient à céder une partie du contrôle économique du pays. Il en est de même pour le Cadre régional qui« donne aux autres pays une voix significative sur ce que la RDC peut faire avec ses propres ressources et sa propre économie », affirme la coalition.
Dans sa déclaration, le MOSSAC fait savoir que la contestation est aussi juridique. Selon lui, des avocats congolais soutiennent que l’accord « viole la Constitution », et rappelent que toute modification législative requiert l’approbation du Parlement ou un référendum. Les articles consacrant la souveraineté sur les ressources naturelles sont notamment invoqués.
Le MOSSAC dit considèrer en outre que les Accords de Washington constituent « un recul par rapport à la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU », jugée plus protectrice de l’intégrité territoriale de la RDC.
Face à ces inquiétudes, la coalition appelle le Parlement à « annuler la signature du gouvernement sur l’Accord de partenariat stratégique ». Elle estime qu’il s’agit d’« une violation constitutionnelle de la souveraineté congolaise ».
Pour le MOSSAC, le véritable enjeu dépasse les accords eux-mêmes. A l’en croire, il s’agit de protéger le contrôle de la RDC sur ses terres, ses ressources et son destin. Sans un rééquilibrage immédiat, le peuple congolais risque de rester spectateur d’accords qui décident de son avenir sans sa participation.
Franck Kaky
Mossac a raison.