Nord-Kivu : La société civile réclame la vérité sur les corps inhumés par le M23-AFC à Goma
La société civile du Nord-Kivu s’interroge sur les manœuvres de la rébellion du M23-AFC après l’organisation d’une cérémonie d’hommage à 22 corps. Le 8 janvier 2026, cette rébellion a tenu une cérémonie au stade de l’Unité de Goma, au cours de laquelle 22 dépouilles ont été présentées comme étant celles des victimes de la récente explosion survenue au centre de Masisi.
La société civile du Nord-Kivu met cependant en doute cette version, estimant qu’une telle cérémonie aurait dû être précédée d’une enquête approfondie sur les circonstances exactes de la mort des personnes concernées.
« Cette cérémonie organisée ce 8 janvier sans aucune enquête préalable illustre une mauvaise intention, portant atteinte à la dignité humaine et visant à flouer l’opinion publique sur ce qui se passe dans les zones sous occupation de l’AFC-M23 », a déclaré la société civile dans un communiqué de presse rendu public le vendredi 9 janvier 2026.
Elle exprime par ailleurs sa vive inquiétude face à cette attitude de la rébellion, qu’elle estime destinée à détourner l’attention de l’opinion publique des exactions que le M23-AFC commet dans les zones sous son contrôle. Selon le même communiqué, 17 corps parmi les 22 présentés ne seraient pas liés à l’explosion de Masisi. Ils proviendraient plutôt des violences survenues lors du conflit ayant opposé la société minière de Bisunzu (SMB) à la Coopérative minière de Masisi (COOPERAMA), à Rubaya.
« Ces corps auraient été retirés de la morgue de l’hôpital provincial du Nord-Kivu tôt le matin du 8 janvier 2026 par les autorités du M23-AFC, après environ six ans de conservation, la justice congolaise n’ayant pas encore autorisé leur inhumation, le procès étant toujours pendant devant les cours et tribunaux », précise le communiqué.
Face à cette situation, la société civile du Nord-Kivu exige l’ouverture d’enquêtes indépendantes par des instances ou juridictions internationales compétentes, afin d’établir la vérité, de situer toutes les responsabilités et d’en tirer les conséquences appropriées, dans le but d’honorer la mémoire des victimes et d’assurer réparation en faveur des victimes et des communautés locales affectées. Elle réclame également le retour urgent de la paix et de la sécurité à travers la restauration de l’autorité de l’État.
La rédaction