Lubero : Une opération conjointe FARDC-UPDF-Wazalendo réclamée contre les ADF
Face à la recrudescence de l’insécurité dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu, la société civile de Mangurijipa sort de son silence. À la suite d’une nouvelle attaque meurtrière enregistrée sur l’axe Njiapanda, les structures citoyennes exigent la mise en place d’une coalition militaire élargie afin d’éradiquer définitivement les combattants des Allied Democratic Forces (ADF).
La récente attaque perpétrée à Bulonge-Économie, au cours de laquelle deux conducteurs de motos-taxis ont été abattus, un autre grièvement blessé et six motos incendiées, a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Pour la population locale, ces violences répétées témoignent de l’inefficacité des réponses sécuritaires jusque-là mises en œuvre.
S’exprimant au nom de la société civile locale, Kathembo Makatha Jacques appelle à l’organisation urgente d’une opération militaire de grande envergure. Celle-ci devrait, selon lui, reposer sur une synergie entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), l’armée ougandaise (UPDF) et les groupes d’autodéfense locaux, communément appelés Wazalendo.
« La population demande l’organisation d’une opération de grande envergure qui va impliquer tous les groupes armés présents sur le terrain, y compris les FARDC et l’UPDF », a déclaré Kathembo Makatha Jacques.
Les forces vives de Mangurijipa estiment que la réussite de cette offensive dépendra d’un commandement unique et clairement établi. Elles insistent pour que les FARDC en soient le pilier central, afin d’assurer la coordination et la supervision des opérations sur le terrain. « Ces opérations doivent être supervisées par les FARDC pour une meilleure harmonie. Elles constituent une urgence pour la population de Lubero en général », a-t-il ajouté.
La société civile adresse par ailleurs un message ferme aux groupes armés locaux, appelés à se retirer des carrés miniers qu’ils occupent actuellement pour se consacrer exclusivement à la traque des ADF. L’objectif affiché est de restaurer l’autorité de l’État et de mettre fin aux exactions contre les civils, plutôt que de privilégier des intérêts économiques.
Outre la menace terroriste, la population dénonce également les actes de harcèlement et de tracasseries imputés à certains hommes en armes. La société civile de Mangurijipa appelle les services de renseignement à identifier et à poursuivre tous les auteurs de troubles, sans distinction.
Une exigence claire est formulée concernant la restitution immédiate des biens pillés lors des dernières attaques. Pour les habitants de Lubero, le retour de la sécurité passe non seulement par la neutralisation des ADF, mais aussi par la fin de l’impunité de tous ceux qui, sous couvert de protection, s’en prennent aux populations civiles.
Azarias Mokonzi