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COP30 : Située à Rutshuru, la Réserve de Sarambwe au cœur d’un plaidoyer pour une conservation plus juste

COP30 : Située à Rutshuru, la Réserve de Sarambwe au cœur d’un plaidoyer pour une conservation plus juste

A l’occasion de la COP30 à Belém, au Brésil, les voix congolaises se sont invitées au débat mondial sur la justice climatique. Parmi elles, celle de Muhindo Kibunga Elias, acteur de la société civile de Rutshuru, qui a particulièrement retenu l’attention. Celui-ci a dénoncé ce qu’il qualifie d’exclusion persistante des communautés qui vivent autour de la Réserve Naturelle de Sarambwe.

Via le magazine Virunga yetu, il rappelle que, bien que cette aire protégée abrite des gorilles de montagne depuis 2002 , les habitants n’ont jamais bénéficié d’indemnisations ni de retombées tangibles. Pour lui, il est temps de corriger cette injustice. Lors de son intervention, il a plaidé pour « des infrastructures communautaires (écoles, centres de santé, routes) », mais aussi pour « la reconnaissance des droits des populations autochtones » afin d’établir une approche de conservation réellement inclusive.

La Réserve de Sarambwe reste pourtant l’une des zones les plus sensibles de la région. Son occupation par des groupes armés complique la gestion de l’aire protégée et renforce, selon Muhindo Kibunga Elias, la nécessité d’impliquer davantage les communautés locales. « La réserve reste sous forte pression sécuritaire, » rappelle-t-il, une situation qui confère aux populations riveraines un rôle crucial dans la protection des derniers gorilles.

Pour Virunga Yetu Asbl, cette réalité témoigne de l’urgence de repenser le modèle actuel de gestion environnementale. L’organisation estime que Sarambwe « illustre la nécessité urgente d’un nouveau modèle de conservation, centré sur les populations locales comme partenaires et bénéficiaires ». Dans une province où la guerre complique chaque initiative, « une conservation sous conflit ne peut être efficace qu’en misant sur la confiance, la justice climatique et l’investissement social », souligne-t-elle.

Alors que les projecteurs de la communauté internationale se braquent sur les forêts tropicales et les grands singes, les populations qui vivent avec ces écosystèmes continuent d’attendre leur part de justice. A Sarambwe, le message est clair : sans droits communautaires solides, sans services sociaux de base et sans reconnaissance du rôle des habitants, aucune stratégie ne tiendra dans la durée.

La rédaction

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