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RDC : Human Rights Watch dénonce « une vendetta politique » dans le procès de Joseph Kabila

RDC : Human Rights Watch dénonce « une vendetta politique » dans le procès de Joseph Kabila

L’organisation Human Rights Watch, HRW en sigle, a vivement critiqué le jugement prononcé le 30 septembre dernier par la haute cour militaire congolaise contre l’ancien président Joseph Kabila, qui l’a condamné à mort. Pour HRW, cette procédure constitue avant tout « une vendetta politique » qui met en péril l’État de droit en République démocratique du Congo (RDC).

« Le jugement prononcé met en évidence le fragile équilibre entre l’obligation de rendre des comptes et la stabilité politique en République démocratique du Congo », a déclaré HRW, qui rappelle que les accusations portées contre Kabila vont de la trahison aux crimes de guerre. L’organisation insiste que « ce procès avait toutes les caractéristiques d’une vendetta politique, menaçant à la fois l’État de droit et l’avenir démocratique du pays ».

Si HRW reconnaît que de graves abus ont été commis pendant les 18 années de pouvoir de Joseph Kabila, elle avertit que les procédures judiciaires doivent rester crédibles. « Les anciens hauts fonctionnaires devraient répondre de leurs méfaits », souligne l’organisation, mais « la reddition de comptes perd tout son sens lorsqu’elle se fait à travers des processus qui s’apparentent à des simulacres de procès ».

L’organisation dit dénoncer des violations flagrantes du droit à un procès équitable. « Le tribunal militaire a jugé Joseph Kabila par contumace et sans la présence d’un avocat de la défense, en violation du droit international relatif aux droits humains », fait remarquer l’organisation. HRW rappelle en outre que « les tribunaux militaires ne devraient en aucun cas avoir compétence sur les civils », citant la position de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples.

Le moment choisi pour ce procès est également jugé suspect. « Joseph Kabila reste une figure majeure de la politique congolaise, et le président Félix Tshisekedi pourrait le considérer comme une menace politique », note HRW, en référence à ses critiques publiques récentes et au contexte de la guerre contre le M23.

L’organisation estime que cette affaire envoie un message inquiétant. Human Right Wach estime que ce procès est un message dissimulé lancé par le pouvoir à l’endroit d’autres opposants. HRW dit que « refuser à un ancien président une procédure équitable envoie un message effrayant, laissant entendre que d’autres opposants politiques pourraient subir le même traitement». Pour HRW, « le procès de Joseph Kabila n’est pas un triomphe de la justice : c’est plutôt un signal d’alarme qui annonce une dérive autoritaire de plus en plus marquée ».

La rédaction

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