Nord-Kivu : Une famille décimée, d’autres corps retrouvés à Kibaya et le M23 pointé du doigt
Un nouveau drame frappe encore l’Est de la République démocratique du Congo, précisément en territoire de Rutshuru. Selon des informations recueillies auprès d’un témoin local, la semaine dernière, quatre membres d’une même famille ont été tués lors des récentes violences attribuées aux rebelles du M23 dans la chefferie de Bwito au Nord-Kivu.
« Les victimes sont de la même famille. Il s’agit de Bakundakabo Majeri, âgé de55 ans, de Nyabyenda Majeri, 40 ans, de Bihumura, 20 ans et Bakomeza. Tous étaient mes proches, je les connaissais très bien », confie la source, sous couvert d’anonymat, qui évoque la peur de représailles.
Outre ce massacre familial, cinq autres corps ont été découverts à Kibaya, sur la route qui relie Butare à Bambo. Il s’agirait de quatre jeunes filles et d’un garçon, exécutés dans la même vague de violences. « Ils ont tous été tués par le M23 lors des affrontements de la semaine dernière. Malheureusement, d’autres victimes continuent d’être enregistrées à des moments différents », ajoute le témoin.
Ces atrocités s’inscrivent dans un contexte d’escalade des violences dans l’Est de la RDC, où les populations civiles paient un lourd tribut. Les habitants de la région vivent dans une profonde inquiétude et une tristesse indicible. « La douleur est immense pour nous. Même recueillir ces informations doit se faire en secret, car leurs yeux nous traquent… », a laissé entendre notre interlocuteur.
Signalons que ce nouveau cycle des massacres des populations civiles est dénoncé quelques jours après la sortie des rapports des organisations non gouvernementales, dont Human Right Wach, qui accuse le M23 ainsi que l’armée rwandaise d’être auteur des massacres des civils, majoritairement Hutus, en territoire de Rutshuru. De son côté, le M23 a nié les faits et en a profité d’accuser ces organisations non gouvernementales de manipulation par Kinshasa et de véhiculer des contre-vérités.
La rédaction