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Doha 6 : Le M23 conditionne sa participation à la libération de 700 prisonniers

Doha 6 : Le M23 conditionne sa participation à la libération de 700 prisonniers

À l’approche du sixième round des pourparlers de Doha sur la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo, l’Alliance du Fleuve Congo (AFC/M23) affiche une position ferme. Lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi 25 juillet 2025 à Goma, le mouvement rebelle a clairement stipulé que sa participation dépend de la libération de ses membres actuellement détenus par Kinshasa.

« Il n’y aura pas de Doha 6 sans la libération de nos 700 détenus et leur transfert à Goma« , a déclaré Benjamin Mbonimpa, représentant du M23, devant les journalistes locaux.

Cette déclaration souligne le blocage croissant dans les négociations, malgré les efforts de médiation déployés par le Qatar. Le M23 accuse ouvertement le gouvernement congolais de ne pas respecter ses engagements pris lors des rencontres précédentes et dénonce ce qu’il considère comme une « mauvaise foi manifeste » de Kinshasa.

Cette prise de position intervient alors que la communauté internationale intensifie ses efforts diplomatiques pour apaiser les tensions dans les territoires du Nord-Kivu, qui subissent des violences depuis plusieurs mois. En posant la libération des prisonniers comme condition préalable au dialogue, le M23 menace de compromettre la tenue effective du sixième round à Doha.

Pour l’instant, les autorités congolaises n’ont pas officiellement répondu à cette demande. Toutefois, dans une récente interview accordée à Radio France Internationale, le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Me Jacquemin Shabani Lukoo, a précisé que la question des prisonniers ne serait abordée qu’après la signature d’un accord global entre le gouvernement et l’AFC-M23.

Ce positionnement met en lumière un désaccord fondamental entre les deux parties. Tandis que le M23 exige une mesure immédiate de confiance, Kinshasa privilégie une approche graduelle intégrée dans un accord définitif.

Dans ce climat tendu, l’avenir du processus de Doha semble incertain. Les médiateurs qataris auront beaucoup à faire pour maintenir le dialogue ouvert et éviter un retour en arrière. Une reprise des hostilités serait un lourd revers pour les efforts régionaux visant à instaurer la paix depuis fin 2024.

Rédaction

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