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RDC: l’UNPC et les députés dénoncent « une dérive autoritaire » du CSAC

RDC: l’UNPC et les députés dénoncent « une dérive autoritaire » du CSAC

L’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) exprime de vives inquiétudes à la suite de la décision du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) de suspendre, pour une durée de 90 jours, toute médiatisation du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) ainsi que de ses membres, sur l’ensemble du territoire national.

Dans un communiqué officiel daté du 6 juin 2025, l’UNPC affirme suivre « avec la plus grande attention et le plus grand émoi » l’évolution de cette affaire, tout en remettant en question la légitimité du CSAC à exercer une régulation jugée excessive. L’acte concerné, référencé 006/B/06/025, a été signé le 2 juin 2025 par le CSAC, en pleine période de tensions politiques et sécuritaires dans l’Est du pays.

En tant qu’organe d’autorégulation des professionnels des médias en République démocratique du Congo, l’UNPC émet de « sérieuses réserves quant à la compétence du régulateur à s’octroyer un champ d’intervention aussi vaste ». Dans une série d’observations, elle rappelle les principes fondamentaux qui devraient encadrer toute régulation médiatique, insistant sur le fait qu’elle ne peut s’exercer qu’a posteriori, c’est-à-dire après publication ou diffusion, et non a priori, ce qui s’apparenterait à une forme de censure déguisée.

« La régulation ne peut avoir pour rôle d’embrigader les médias ni d’empêcher les journalistes d’être la conscience critique de leur temps », affirme l’UNPC, qui dénonce une volonté manifeste de faire des médias des boucs émissaires dans un contexte de guerre à l’Est. Elle s’interroge : « Pourquoi vouloir faire passer les journalistes pour des porteurs d’armes et de munitions, alors que ce sont d’autres qui fauchent la vie de milliers de compatriotes congolais ? »

Tout en reconnaissant que certaines restrictions peuvent s’envisager en temps de guerre, l’Union met en garde contre une « régulation solitaire » qui risquerait de « plonger les médias et les journalistes dans un tourment incontrôlable ».

L’organisation appelle le CSAC « à la lucidité et au discernement », et exhorte les professionnels des médias à faire preuve de retenue, de sérénité et de rigueur dans l’exercice de leur métier. Elle les invite à redoubler de professionnalisme, notamment « en ces temps d’agression et d’occupation d’une partie de notre territoire », conclut le communiqué.

Majorité et opposition dans un bloc contre la mesure de Bosembe

Cette décision a fait également objet de critique à l’Assemblée Nationale, lors de la présentation, le vendredi 6 juin 2025, du rapport annuel du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC). Formant un même bloc, les députés de la majorité et de l’opposition, ont qualifié cette décision d’autoritaire portant atteinte aux dérives démocratiques. Les députés nationaux Boris Mbuku, Séraphin Bami et et Christian Mwando ont estimé que cette décision viole la liberté de la presse. Christian Mwando a rappelé à Bosembe que sa mission consiste à garantir la liberté de la presse, assurer sa protection et veillez au respect du code d’éthique et de déontologie des journalistes.

« Nous considérons que notre peuple est assez mûr et notre presse qu’il doit contrôler est assez mature pour garantir la liberté d’expression », a-t-il déclaré.

En réaction, Christian Bosembe a assuré que sa mesure ne vise pas à étouffer la liberté de la presse. Il a précisé que les médias ne sont pas interdits de citer le nom de l’ancien président Kabila. Il a indiqué que cela doit se faire avec professionnalisme.

La Rédaction

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