RDC :La justice appelée à organiser un procès des généraux « swahiliphones » détenus
Alors que l’Est de la République démocratique du Congo reste déchiré par des tensions armées, des messages de manipulation sont alimentés sur les réseaux sociaux par une catégorie d’acteurs politiques pour dénoncer la traque des officiers militaires de l’espace linguistique swahiliphone par le régime de Tshisekedi. Tenant compte de l’ampleur de ces messages et du contexte actuel de la crise, l’activiste des droits humains, Stewart Muhindo, décourage cette méthode qui vise à diviser l’armée, avec des risques d’alimenter la crise.
Se confiant à TazamaRDC.net ce mercredi 4 juin 2025, ce dernier appelle les hommes politiques à observer une attitude responsable face à la crise actuelle. L’activiste déplore également la détention au-delà du délai légal des officiers arrêtés par la justice militaire.
Jouissant du principe sacro-saint de la présomption d’innocence, ces officiers, poursuit notre source, bénéficient des garanties légales qui protègent leurs droits, paraît-il malheureusement violés par les services de détention. Face aux accusations qui pèsent sur eux, Stewart Muhindo appelle la justice militaire à accélérer la procédure afin que ces officiers soient fixés sur leur sort. « Ils ont droit à un procès équitable. Ces détentions prolongées sans aucune décision de la justice alimentent la division. Il est important que le régime connaisse que ces officiers accusés des actes délictueux quelconques ont droit à un procès équitable », a-t-il dit.
L’activiste souligne que la détention prolongée de ces officiers alimente les discours séparatistes des ennemis de la République et divise de plus en plus les Congolais. Il suggère que les procès de ces officiers soient organisés pour éviter des divisions entre Congolais.
« Il est important que les autorités congolaises s’assurent que les droits des personnes, essentiellement des officiers militaires soupçonnés de collusion avec l’ennemi, soient respectés, et cela n’est possible que par l’organisation des procès. Le pouvoir doit également s’assurer que les personnes arrêtées ne le soient pas sans raison valable », renchérit Stewart Muhindo.
Le gouvernement fixe l’opinion
Contrairement à ce qui est alimenté sur les réseaux sociaux, il n’y a pas de poursuites spécifiques lancées contre les officiers FARDC de l’espace swahiliphone, a réagi Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement congolais.
« Il y a une volonté délibérée de semer la division, qu’on veut faire croire qu’il y a des poursuites spécifiques contre les officiers swahiliphones. Mais, je suis désolé, être swahiliphone n’exonère pas de poursuites lorsque les choses n’ont pas été faites comme elles devaient l’être », a-t-il affirmé.
Il a encouragé la population à bannir ce discours qui revêt un caractère divisionniste.
« Je voudrais que vous tous qui êtes levés comme nous dans le cadre de ce bloc patriotique, que nous puissions collectivement empêcher que de pareils discours de stigmatisation puissent prospérer, parce que c’est par là que l’ennemi cherche à tout prix à nous diviser, faire croire qu’il y a des problèmes communautaires », a-t-il fait savoir.
La sphère politique congolaise est, depuis l’enlisement de la crise sécuritaire dans l’Est du pays, auréolée par des discours de haine et de division.
Azarias Mokonzi