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Crise en RDC : Thabo Mbeki, soulève l’absence du leadership, comme vecteur du désordre

Crise en RDC : Thabo Mbeki, soulève l’absence du leadership, comme vecteur du désordre

Les mots sont durs, pesés, et tombent comme un verdict. Dans une déclaration relayée par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki a sévèrement critiqué les élites congolaises. Pour lui, la République Démocratique du Congo souffre moins d’un manque de ressources que d’un vide idéologique. « Le problème fondamental au Congo est que vous n’avez pas eu de leadership, avec le niveau de compréhension que les dirigeants de la libération, sous Patrice Lumumba, avaient », a-t-il lancé.

Thabo Mbeki ne s’arrête pas à ce constat glaçant. Il accuse la classe politique actuelle de perpétuer les schémas divisoires légués par le colonisateur belge : « L’une des choses que vous ne pouvez pas faire, c’est perpétuer les divisions tribales et régionales imposées par le système colonial. » Un message direct à ceux qui, au sommet de l’État, nourrissent les rivalités ethniques pour consolider leur pouvoir.

Les tensions actuelles à l’Est entre massacres à Beni, exactions du M23 et prise de Goma, illustrent parfaitement le danger évoqué par Mbeki : l’absence de cohésion nationale. « Si vous continuez ainsi, vous ne trouverez jamais la paix en RDC. Malheureusement, c’est ce qui est en train de se passer », déplore-t-il.

Mbeki ne se contente pas de blâmer ; il invite à une rupture salutaire avec les pratiques actuelles. Son message est aussi un rappel : les dirigeants de l’indépendance, Lumumba en tête, avaient une vision du Congo. Aujourd’hui, cette conscience semble dissoute dans la realpolitik, les calculs électoraux, et les logiques d’exclusion.

La déclaration de Thabo Mbeki intervient dans un contexte congolais marqué par l’instabilité sécuritaire, la fragmentation sociale et un leadership politique souvent critiqué pour son manque de vision. En accusant les élites de perpétuer les divisions tribales héritées de la colonisation, l’ancien président sud-africain met en lumière des pratiques clientélistes encore observables aujourd’hui, notamment en période électorale. Son message souligne l’urgence de repenser le leadership congolais autour d’un projet national inclusif et structurant. Pour l’instant, les réalités du terrain semblent confirmer son diagnostic plus qu’elles ne l’infirment.

Eugène Vomba

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