Bras de fer entre Mutamba et Firmin Mvonde: deux protagonistes auditionnés
C’est un débat qui défraye la chronique politique congolaise. Constant Mutamba ministre de la justice reste sur une chaise éjectable après le soupçon de détournement d’au-moins 19 millions fond destiné à construire une prison à Kisangani. La semaine dernière, le Procureur Général près la Cour de Cassation a sollicité l’autorisation de l’Assemblée Nationale pour déclencher les poursuites judiciaires contre le patron de la justice.
Le Procureur Général, s’appuie sur une note de la Direction Générale du contrôle des Marchés Publics (DGCMP) adressée au ministre de la Justice en réponse à sa demande d’autorisation spéciale pour la signature d’un contrat de gré à gré avec la société Zion Construction. Dans cette note, cet établissement indiquait que, ce contrat n’avait reçu ni approbation de la Première Ministre, ni validation complète du contrôle budgétaire.
En réaction Constant Mutamba rejette toute option de détournement et refuse de comparaître devant le Procureur Général près la Cour de Cassation, visé par enquête sur instruction du ministre de la justice.
« Dites au procureur général qu’il ne me verra jamais devant lui pour me défendre. Je n’ai pas peur de la prison, je suis prêt. Il a commis une faute disciplinaire grave. Celui qui fait l’objet d’enquêtes ne peut pas initier une action contre le ministre de la Justice. C’est une faute disciplinaire grave. Je vais tirer toutes les conséquences de droit », a-t-il déclaré devant les agents du ministère de la justice au palais de justice à Kinshasa.
Le ministre accuse le procureur Firmin Mvonde d’avoir initié cette procédure judiciaire pour l’humilier et ternir sa réputation. Il révèle un complot ourdis fabriqué par des Kabilistes au pouvoir avec Tshisekedi.
« Dites-lui qu’il faisait partie du même groupe de Kabilistes, ce groupe de mafieux. Il voulait m’humilier pour ternir ma réputation. Dites-leur que le dieu de mes ancêtres est plus fort que leurs dieux. Dites-leur que je ne crains pas la prison, je suis prêt. Ils affirmaient que j’avais fui en Tanzanie. Dites-leur que je suis venu les affronter : me voici à Kinshasa, je suis au palais de justice. Dites-lui aussi que j’attends qu’il justifie tous ses biens. J’attends que les enquêtes sur lui aboutissent », a lancé le ministre de la Justice, qui explique avoir refusé des offres de corruption de millions de dollars.
« J’ai refusé des offres à 100, 60 et 40 millions pour signer à 29 millions. Je n’ai jamais touché à cet argent. Il est bloqué depuis un an, depuis ma prise de fonction comme ministre. Un compte séquestre a été créé et pour éviter de payer 300 000 dollars de frais bancaires pour transférer les fonds de la Rawbank à la BCDC. J’ai estimé plutôt que cette somme pourrait plutôt servir à acheter des sacs de ciment. C’est la raison pour laquelle, le compte de l’entreprise concernée est récent à la Rawbank », a-t-il dit.
l’Assemblée Nationale en boucle
Lundi 26 mai, l’Assemblée Nationale a installé une commission spéciale et temporaire pour examiner le réquisitoire du Procureur Général près la Cour de Cassation. Composée de 22 membres, cette commission spéciale a seulement trois jours pour tirer les conclusions sur le réquisitoire du Procureur Général près la Cour de Cassation. Cette commission a auditionné successivement le procureur général et Mutamba ce mardi. D’aucuns soulèvent un règlement de compte entre les deux géants de la justice. La main noire de la primature est également soupçonnée dans ce dossier. Étrange, le dossier se traite à l’Assemblée Nationale, mais n’a fait objet de débat au dernier conseil des Ministres tenu par le chef de l’État lui-même le vendredi dernier, ce qui soulève plusieurs interrogations, sur l’avenir politique de Constant Mutamba.
Azarias Mokonzi