Ituri: Après sa reddition, Yves Kahwa Panga dévoile les véritables intentions de la CRP de Thomas Lubanga
Dans un contexte de recrudescence des tensions armées à l’Est de la République démocratique du Congo, Yves Kahwa Panga, ancien chef de guerre et chef traditionnel de la chefferie des Bahema Banyawagi, est monté au créneau pour dénoncer avec vigueur la récente résurgence d’un mouvement rebelle dirigé par Thomas Lubanga. La « Coalition pour la Révolution Populaire » (CRP), que ce dernier a récemment lancée en alliance avec le M23, n’est, selon Kahwa, qu’une « escroquerie politique » savamment orchestrée pour s’assurer une place à la table des négociations.
De retour en RDC après un exil de plus d’un an en Ouganda, Yves Kahwa affirme avoir répondu à l’appel du chef de l’État, appelant tous les groupes armés à déposer les armes et à participer activement à la reconstruction du pays. À l’issue d’une rencontre avec le gouverneur de l’Ituri ce mercredi, il a réaffirmé sa volonté de collaborer avec les autorités pour préserver la stabilité dans la province, notamment sur les rives stratégiques du lac Albert.
« Je suis obligé de venir prêter main forte au gouvernement. Sincèrement, je pense que c’est une escroquerie politique. Thomas Lubanga se trouve dans une mauvaise position et crée une situation pour être reconnu comme un groupe armé, afin de participer aux tables de négociations et glaner sa part du gâteau. C’est sa vraie motivation », a-t-il déclaré sans ambages.
Pour Kahwa, cette nouvelle initiative de Lubanga ne s’inscrit nullement dans une logique de pacification, mais plutôt dans une stratégie de légitimation personnelle à travers la violence. Il appelle la population à ne pas se laisser abuser par des discours trompeurs qui promettent une paix illusoire. « Il trompe nos frères qui croient qu’il ramènera la paix. Je vous le garantis : je ne vois pas par quelle magie il pourrait réussir », a-t-il insisté.
Par cette prise de position tranchée, Yves Kahwa Panga entend se positionner en acteur de paix, brisant avec les dynamiques insurrectionnelles du passé. Il se dit déterminé à œuvrer main dans la main avec les institutions de l’État pour barrer la route à toute tentative de déstabilisation de la province de l’Ituri, déjà fragilisée par de multiples conflits armés.
Dans une région marquée par une instabilité chronique, les propos de Kahwa résonnent comme un appel à la raison et à la responsabilité. Son retour au pays et son engagement public pour la paix constituent un signal fort adressé tant aux groupes armés qu’à la communauté nationale : la légitimité ne se conquiert plus par les armes, mais par l’engagement loyal à l’égard de la République.
Rédaction