Finances publiques : Moïse Katumbi appelle à un contrôle urgent des dépenses et met en cause l’impunité
Ce vendredi 18 octobre 2024 , Moïse Katumbi, figure emblématique de l’opposition politique en République Démocratique du Congo (RDC), a exprimé ses vives inquiétudes concernant la gestion des finances publiques du pays. À travers une déclaration sur ses réseaux sociaux, il a qualifié cette situation de « véritable scandale national », dénonçant des malversations massives qui auraient été orchestrées par l’ancien ministre des Moïse Katumbi a également pointé du doigt l’incapacité du ministre du Budget à instaurer une gestion transparente et rigoureuse des fonds publics.
Des révélations troublantes de la Cour des comptes
Les accusations de l’opposant Moïse Katumbi s’appuient sur des conclusions inquiétantes fournies par la Cour des comptes, qui indique que près de la moitié des dépenses du budget 2023 ont été effectuées sans contrôle préalable, en utilisant des procédures d’urgence. Il a déploré l’absence d’engagements et de liquidations, soulignant que les enseignants, les militaires et les fonctionnaires peinent à survivre avec des salaires dérisoires dans un tel contexte.
L’ex gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi a également dénoncé le remboursement « effronté » de la dette publique intérieure, qui a atteint 504 % des crédits budgétaires alloués. Cette situation, selon lui, exige une enquête approfondie pour identifier les bénéficiaires de ces paiements, tout en appelant à la fin de l’impunité qui sévit dans la gestion des finances publiques.
L’échec du programme PDL145T et l’abandon des provinces
Le leader du parti politique d’Ensemble pour la République n’a pas épargné le programme de développement local des 145 Territoires (PDL145T), que Moïse Katumbi Chapwe a critiqué le faible taux d’exécution de ce programme, qu’il considère comme un abandon des provinces, laissant les communautés rurales sans accès aux routes, à l’eau potable et à l’électricité. Cette situation contribue à la pauvreté et à la corruption généralisée dans le pays, a-t-il déclaré.
Katumbi a également interpellé le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale, les exhortant à reconsidérer leur soutien financier à la RDC, il a souligné qu’il est inacceptable que ces institutions continuent d’apporter leur aide alors qu’une grande partie de la population congolaise vit dans une détresse économique et sociale profonde. Il exige des réformes concrètes avant toute nouvelle aide financière, critiquant la complaisance des institutions internationales face à la mauvaise gouvernance.
Moïse Katumbi a par ailleurs, appelé à la responsabilisation des dirigeants congolais et à une exigence de comptes pour sortir la RDC de la crise financière et sociale actuelle. Il a insisté sur l’importance de faire justice pour permettre au pays d’avancer. Son message, « L’impunité des voleurs doit prendre fin », résonne comme un appel à un sursaut national face à ce qu’il considère comme une gestion désastreuse des ressources publiques.
Josué Mutanava