UNGA2024: La RDC présente ses potentialités pour la réduction des émissions de Gaz à effet de serre
Le Président de la République Démocratique du Congo (RDC) a annoncé une contribution déterminée à l’échelle nationale (CDN) qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 17% d’ici 2030.
Avec un coût estimé à environ 21 milliards de dollars, ce plan ambitieux englobe des actions tant d’atténuation que d’adaptation, dans le but de restaurer le couvert forestier du pays à 63,5% d’ici 2030. Ce projet intègre également un programme intergénérationnel de reforestation qui ambitionne de planter un milliard d’arbres d’ici 2023.
Le bassin du congo, qui s’étend sur six pays d’Afrique centrale et couvre près de 2 millions de kilomètres carrés de forêt tropicale, est souvent qualifié de « deuxième poumon » de la planète après l’Amazonie. Il constitue également le plus grand complexe de tourbières tropicales au monde, renfermant environ 30 milliards de tonnes de carbone, soit l’équivalent de trois années d’émissions mondiales.
Cependant, ces précieuses ressources écologiques sont aujourd’hui menacées par des pratiques telles que l’exploitation illégale du bois et la consommation incontrôlée d’énergie.
Le Président Félix Tshisekedi a souligné que la protection de ces forêts est essentielle non seulement pour la biodiversité, mais aussi pour l’amélioration des conditions de vie des populations locales. En combattant la corruption et en promouvant des pratiques de production d’énergie durable, la RDC aspire à transformer les défis environnementaux en opportunités socio-économiques pour ses citoyens.
Tout en reconnaissant les efforts déjà entrepris, le président congolais a insisté sur la nécessité d’un soutien accru de la communauté internationale. Lors de ses échanges à New-York , il a noté la volonté des États-Unis de s’engager dans cette cause cruciale. Ce soutien pourrait prendre la forme de financements, de technologies ou d’expertises pour renforcer les capacités locales en matière de gestion durable des ressources naturelles.
Vers une économie de carbone équitable
Un autre point crucial abordé par le Président est la question du prix du carbone forestier. Actuellement fixé à 5 dollars la tonne, il est jugé ni équitable moins encore réaliste, pour que la RDC puisse atteindre ses objectifs de neutralité carbone. il est impératif de prendre en compte la conservation et la régénération des forêts. Le Président a proposé que le prix du carbone soit ajusté à au moins 100 dollars la tonne, afin de mieux refléter la valeur écologique des forêts et des services qu’elles fournissent.
La RDC se trouve à un carrefour décisif dans sa lutte contre le changement climatique et la déforestation. L’engagement du pays envers une réduction significative des émissions de gaz à effet de serre et la restauration de ses forêts est un pas dans la bonne direction. Cependant, pour maximiser l’impact de ces efforts, un soutien international substantiel et une réévaluation des mécanismes de valorisation du carbone sont essentiels.
Josué Mutanava