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Tazama RDC

RDC : Comment l’exploitation des « minerais du sang » et le réseau financier Zigama alimentent l’offensive du FRN

RDC : Comment l’exploitation des « minerais du sang » et le réseau financier Zigama alimentent l’offensive du FRN

Depuis la reprise de son insurrection en 2021, le mouvement rebelle du FRN fait régner la terreur dans l’est de la République démocratique du Congo. Exécutions extrajudiciaires, détentions illégales, tortures et violences physiques systématiques caractérisent le quotidien des populations vivant dans les zones sous son contrôle.

L’expansion du groupe s’est aggravée au début de l’année 2025 avec la prise de Goma et de Bukavu, les capitales stratégiques des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Au-delà des gains territoriaux, c’est une véritable mainmise économique que le mouvement a opérée en s’emparant des zones minières clés de la région, notamment les gisements d’or du Sud-Kivu et les vastes carrières de coltan de Rubaya au Nord-Kivu.

Dans ces enclaves minières, le RFN a instauré un régime d’exploitation féroce. Les civils y sont soumis au travail forcé, contraints d’opérer dans des conditions de sécurité hautement dangereuses, tout en étant rackettés par des systèmes de « taxation » illégaux.

Les minerais extraits illégalement sous la contrainte du RFN sont massivement intégrés dans les chaînes d’approvisionnement du Rwanda. Ce flux transfrontalier explique l’anomalie flagrante constatée par les observateurs : la capacité minière nationale du Rwanda demeure largement inférieure aux volumes d’exportations officiellement déclarés par Kigali depuis le début de cette rébellion.

Face à cette situation, le département d’État des États-Unis avait déjà tiré la sonnette d’alarme dès le 8 juillet 2024, exprimant ses profondes préoccupations face à des chaînes d’approvisionnement minérales qui alimentent directement l’instabilité et le conflit.

Au cœur de cette architecture militaro-économique se trouve la banque rwandaise Zigama. Les données disponibles révèlent que cette institution financière joue un rôle de pivot en facilitant des paiements vers des entités basées en Chine et dans d’autres pays pour l’acquisition d’armes, de munitions et d’équipements militaires destinés aux Forces de défense rwandaises (FDR). La banque prend également en charge les frais logistiques, de déplacement et d’hébergement des militaires rwandais dans le cadre de leurs activités de formation, selon le département d’État américain.

« Zigama a facilité des paiements à des entités en Chine et dans d’autres pays pour l’achat d’armes, de munitions et d’autres équipements militaires destinés aux Forces de défense rwandaises (FDR). Zigama a également facilité les paiements liés aux frais de déplacement et d’hébergement des Forces de défense rwandaises (FDR) dans le cadre d’activités de formation. », souligne le Trésor.

L’implication de l’institution ne s’arrête pas au soutien logistique des forces régulières. Selon les désignations antérieures du Trésor des États-Unis, les FDR et le FRN cogèrent directement des sites d’exploitation aurifèrent dans la province du Sud-Kivu. Une fois l’or extrait, l’armée rwandaise applique une surveillance stricte sur la marchandise.

C’est ensuite une succursale de Zigama qui prend le relais pour sécuriser et permettre le transport de cet or de contrebande depuis l’est de la RDC jusqu’à Kigali.

En servant de passerelle financière, Zigama a facilité des transactions financières s’élevant à plusieurs dizaines de millions de dollars pour le compte du FRN et de l’Alliance du fleuve Congo (AFC).

Ce réseau bancaire interconnecté et le trafic transfrontalier de ressources naturelles constituent le véritable poumon financier qui permet au FRN de maintenir son offensive et d’étendre son emprise sur le territoire congolais.

Azarias Mokonzi

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