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Tazama RDC

Nord-Kivu: Les activités paralysées à Lubero-centre, la population dénonce le meurtre d’un civil par un militaire FARDC

Nord-Kivu: Les activités paralysées à Lubero-centre, la population dénonce le meurtre d’un civil par un militaire FARDC

La situation était particulièrement tendue ce mardi 6 octobre 2026 au chef-lieu du territoire de Lubero. À l’origine de cette tension : une marche improvisée au cours de laquelle la population a exprimé son ras-le-bol face à l’insécurité grandissante, marquée par des tueries répétées de civils dans la commune de Lubero et ses environs. Des éléments incontrôlés des FARDC sont directement pointés du doigt.

Pas plus tard que le lundi 5 octobre, en fin d’après-midi, un militaire FARDC a abattu un jeune homme d’une trentaine d’années au quartier 30 Juin,cellule Kamusonge. Après son forfait, le soldat s’est donné la mort.

​Mardi matin, hommes, femmes et enfants sont descendus dans la rue en direction du bureau administratif du territoire de Lubero, où un mémorandum rédigé par la société civile locale a été lu.

​« Réunies en urgence ce mardi 6 octobre 2026, suite au drame survenu le lundi 5 octobre au quartier 30 Juin où Mbusa Kasoya Yakobo, père de 7 enfants, a été lâchement abattu par un militaire FARDC alors qu’il tentait de calmer ce dernier qui disputait avec son épouse, les forces vives de la commune de Lubero, profondément choquées par ce nième cas d’assassinat, considèrent cet incident malheureux comme une négligence de nos alertes et de nos revendications par le gouverneur de province », indique la déclaration.

​À cette occasion, le noyau communal de la société civile de Lubero a exigé la démilitarisation de la commune ainsi que le relogement des épouses des militaires hors de la zone. La structure citoyenne a également dénoncé le manque de respect envers le défunt, fustigeant la manière dont le corps de Kasoya Yakobo a été manipulé par les FARDC avant son acheminement à la morgue.

​« Fatiguées de perdre régulièrement des compatriotes sous les balles, les forces vives de Lubero lancent un ultimatum au gouverneur de la province du Nord-Kivu et à l’administrateur militaire. Elles exigent : la prise en charge totale des funérailles de l’illustre disparu, la réparation des préjudices causés, la prise en charge des dépendants de la victime dont 7 orphelins et une veuve, la démilitarisation de la commune de Lubero et le cantonnement des épouses de militaires hors de la commune […] », poursuit le document.

​Représentant l’autorité territoriale, le colonel Assani a appelé les manifestants au calme et a garanti la transmission de ces revendications aux autorités compétentes :

​« Je vous présente mes sincères condoléances. Nous avons suivi avec attention vos revendications et nous les prenons très au sérieux. Concernant les funérailles, nous nous sommes déjà entretenus avec la famille et nous allons en assurer la prise en charge », a-t-il déclaré.

​Pour rappel, les incidents impliquant des porteurs d’armes se multiplient dans la région. Il y a quelques jours, un militaire FARDC a tué son ex-épouse au village de Kathondi, non loin de Lubero-centre. Par ailleurs, un policier a blessé par balle un civil, tandis qu’un civil a tué un policier à la machette dans la commune de Lubero. Cette répétition de drames fragilise un peu plus chaque jour le mariage civilo-militaire.

​David Mayani

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