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Tazama RDC

​Est de la RDC : L’échec retentissant de la campagne agricole du ministre Muhindo Nzangi

​Est de la RDC : L’échec retentissant de la campagne agricole du ministre Muhindo Nzangi

Pourtant lancée en grande pompe par le ministre de l’Agriculture, Muhindo Nzangi, la campagne agricole dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) est aujourd’hui qualifiée d’échec retentissant.

Dans une tribune incisive publiée ce mardi 7 septembre 2026, l’ingénieur agronome Katembo Sibendire Heri Otomobile dresse un bilan sombre de la situation, déplorant le faible rendement des cultures et une dépendance accrue aux importations alimentaires.Malgré les immenses espoirs suscités au sein de la population lors du lancement officiel, le constat sur le terrain reste inchangé.

Pour l’ingénieur Katembo Sibendire, l’absence d’une véritable politique agricole nationale et le manque de vulgarisation des techniques modernes auprès des exploitants locaux ont neutralisé les effets de la campagne. À cela s’ajoutent la pénurie chronique de semences améliorées et le déficit criant en intrants agricoles essentiels.

« Ce sont les véritables problématiques qui menacent l’agriculture dans les régions de Beni et de Lubero », martèle-t-il, avant d’avertir sur les conséquences macroéconomiques de cette crise : « Lorsque l’autosuffisance alimentaire est menacée dans un pays, c’est l’économie qui s’écroule et le panier de la ménagère qui est directement impacté ».

Le paradoxe de la dépendance alimentaire

L’expert exprime son profond regret face au paradoxe congolais : un sol d’une fertilité exceptionnelle qui n’empêche pas le pays d’importer massivement ses denrées de première nécessité. Bien que la région de Beni produise traditionnellement du manioc, de la banane, du haricot, de la patate douce, de l’igname et de la pomme de terre, les marchés locaux basculent dangereusement vers l’extérieur.

« Les produits agricoles vivriers les plus importés sont le haricot et le riz. Aujourd’hui, on commence même à importer de la farine de manioc et de la farine de maïs », déplore l’ingénieur agronome.

Cette sonnette d’alarme est motivée par une chute drastique, voire une absence totale de récoltes signalée dans la majorité des zones cultivées du Grand Nord, notamment dans le Ruwenzori, à Watalinga, dans la chefferie des Bashu ainsi que dans le secteur de Beni-Mbau.

Le climat comme excuse, la technique comme solution

Sur le terrain, les agriculteurs attribuent généralement ce manque de rendement aux perturbations du changement climatique et à la rareté des pluies. Une justification que nuance l’ingénieur Katembo Sibendire. Selon lui, l’agriculture moderne ne doit plus subir les aléas du ciel mais s’appuyer sur le savoir-faire technique pour les contourner.

Comme pistes de solution pour sortir de ce fléau, l’agronome préconise une vulgarisation d’urgence des techniques agricoles modernes et un accès facilité à des intrants et semences de qualité. « Toutes ces conditions réunies, l’agriculture vivrière va connaître son succès », conclut-il, désignant cette réforme structurelle comme le dernier rempart pour sauver l’économie et la sécurité alimentaire de la région.

Azarias Mokonzi

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