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Tazama RDC

Beni : des jeunes cantonnés à Kangaembi pressent les autorités pour leur formation militaire contre les ADF (reportage)

Beni : des jeunes cantonnés à Kangaembi pressent les autorités pour leur formation militaire contre les ADF (reportage)

Depuis juillet dernier, plusieurs jeunes sont cantonnés dans le stade de Kangaembi, situé dans la ville de Beni, au Nord-Kivu, en attendant une formation militaire accélérée pour participer aux offensives contre les terroristes islamistes des Allied Democratic Forces (ADF), auteurs de plusieurs tueries dans la région.

Un mois après leur installation dans ce stade, aucune décision des autorités sur leur avenir.

Ils s’organisent en service paramilitaire, bénéficiant du soutien de la population civile locale.

Initiateur de ce mouvement pour la défense locale, Clovis Mutsuva presse les autorités compétentes à décider du sort de ces jeunes qui ne veulent pas assister aux tueries de leur population alors qu’ils ont des capacités pour les défaire.

« Nous sommes ici depuis le 20 juillet et les autorités sont informées. Nous avons demandé une formation militaire accélérée, cela conformément à notre constitution, et c’est notre droit de défendre notre pays. Nous ne sommes pas des rebelles et nous ne pouvons pas nous auto-former alors que nous avons des autorités. Nous avons accepté d’être des réservistes pour défendre notre pays, nous avons refusé de croiser les bras devant nos morts, voilà pourquoi nous voulons prendre les armes pour défaire les ADF et barrer la route aux M23-RDF.
C’est pourquoi nous sommes en train de demander aux autorités de venir nous prendre pour commencer la formation. Nous ne sommes pas contents d’assister à ces morts », a-t-il expliqué.

Selon lui, ces jeunes sont mobilisés et déterminés à mettre en déroute ces ennemis de la paix qui ne cessent de créer terreur et désolation dans le chef des habitants.

À l’en croire, « ils {Ndlr} jeunes ne vont pas attendre que les ADF attaquent. Eux, vont lancer des offensives sans trêve, sans cessez-le-feu, sans stop pour s’assurer que la région est libérée des mains de ces rebelles ».

Pour Clovis Mutsuva, ces jeunes sont animés par l’amour de la patrie pour défendre le territoire congolais sans attendre de l’État congolais une motivation. « Nous sommes déterminés et nous allons le faire gratuitement, nous n’avons pas besoin de l’argent et des grades. Nous allons garder nos terres, nous sommes tous combattants et nous défendons notre patrie », fait-il savoir.

Un sursaut pacifique

L’initiative de ces jeunes vise essentiellement à contribuer aux efforts de la paix, ont fait remarquer certains observateurs qui estiment que ces volontaires méritent des encouragements du gouvernement pour honorer leur motivation. D’après Clovis Mutsuva, ils sont plus de 5000 jeunes qui attendent impatiemment de rejoindre les lignes de front.

« Nous sommes plus de 5000 qui attendons cette formation militaire », a-t-il argué, en précisant que « c’est parce que l’État a échoué qu’ils ont pris cet engagement de défendre la patrie ».

Ces jeunes vivent des contributions locales des populations riveraines. Ils se sont déjà construits des abris à leur modèle pour se mettre à l’abri des intempéries.

« C’est la population qui nous prend en charge. Nous nous servons de cette nourriture le soir. Nous sommes déterminés, et nous résistons aux intempéries parce que nous voulons faire la paix chez nous », a révélé pour sa part monsieur Gentil, l’un de ces jeunes.

Ce dernier soutient que c’est suite aux multiples attaques des ADF qu’ils ont pris cette décision.

« Nous voulons défendre notre pays. Nous ne pouvons pas assister à ces tueries sans agir. Nous allons battre cet ennemi et nous avons hâte de nous voir au front pour mettre en déroute ces rebelles. Tous les quartiers sont représentés ici et nous sommes déterminés », a-t-il poursuivi.Selon certains voisins, ces jeunes ont empêché plusieurs cas d’insécurité. « Ils ont déjà arrêté plusieurs bandits ici. Ils s’occupent bien de notre sécurité, ce sont de bons combattants », a témoigné un voisin habitant non loin du terrain où sont cantonnés ces jeunes.

IEn juillet, le chef d’état-major général adjoint chargé des opérations et renseignements, le général Ichaligonza Nduru, était de passage dans ce site pour encourager ces jeunes et les appeler à la discipline.

Il avait indiqué que ces derniers, conformément à leur volonté, seront formés en suivant des normes militaires avant d’être déployés sur le front. Ce responsable de l’armée était accompagné dans sa suite par le caucus des députés nationaux du Grand Nord qui étaient en vacances parlementaires dans la zone, sensibilisant la population à ne pas faire le lit de l’ennemi.

Depuis 10 ans, les terroristes islamistes des Allied Democratic Forces (ADF) opèrent dans la région de Beni. Ils massacrent, enlèvent la population et incendient des maisons.

Ils sont auteurs de plusieurs autres crimes documentés dans la zone. Ils ont dernièrement étendu leur rayon d’action dans le territoire de Lubero, outre certaines régions de la province de l’Ituri, prises en otage par ces assaillants.

Azarias Mokonzi

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