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Tazama RDC

SADC : le parlement congolais exhorte la région à passer des discours aux actes face à l’agression rwandaise en RDC

SADC : le parlement congolais exhorte la région à passer des discours aux actes face à l’agression rwandaise en RDC

À l’occasion de la clôture du forum parlementaire de la SADC, la délégation congolaise, conduite par le premier vice-président de l’Assemblée nationale, le professeur Isaac Jean-Claude Tshilumbayi, a marqué son intervention en appelant ses homologues régionaux à passer des condamnations de principe aux actions concrètes pour stopper l’insécurité dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Lors de son intervention, le chef de la délégation congolaise a directement pointé du doigt l’agression rwandaise et a exigé des sanctions économiques et diplomatiques sévères contre les déstabilisateurs de la République, ciblant particulièrement l’ancien président Joseph Kabila, accusé par Kinshasa de financer l’instabilité à travers l’alliance AFC/M23.

Pour le professeur Tshilumbayi, la rhétorique des regrets ne suffit plus face au drame humanitaire qui secoue la RDC. Il a exhorté les États membres de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) à asphyxier logistiquement et financièrement les acteurs de la crise.

« Agir, en fermant les portes de nos États à un criminel, agir en bloquant toute possibilité de transit des armes et de toute composante de l’industrie du crime par nos pays respectifs », a-t-il martelé à la tribune.

Dans la même ligne droite, le député national Enock Batsotsi Nyamwisi, membre de la délégation congolaise, a explicitement réclamé le gel des avoirs de Joseph Kabila. Il a affirmé que la fortune de l’ex-chef de l’État, accumulée selon lui durant ses 18 ans de règne, alimente

« l’entreprise de la mort installée dans l’Est du Congo ». Le parlementaire a insisté pour que la région cesse de servir de « sanctuaire du terrorisme » et de base arrière pour la déstabilisation d’un État membre.

Enock Batsotsi a également regretté le déficit d’attention accordé aux crises africaines par rapport aux conflits géopolitiques globaux, dénonçant une forme d’indifférence interne au continent. Le parlementaire a déploré que le forum consacre parfois plus de temps à l’Ukraine ou au Moyen-Orient pour des raisons d’approvisionnement en blé ou en pétrole. Il a rappelé que la « chosification de l’humain » en RDC devrait interpeller la conscience régionale, au-delà des immenses ressources que possède le pays.

« Brisons le silence ! Notre forum parle davantage de l’Ukraine qui offre peut-être le blé dont nous avons besoin ; nous parlons de plus en plus de l’Iran et du Moyen-Orient pour le pétrole dont nous souffrons. Et même si le Congo n’avait rien à offrir, alors qu’il en a tellement, la chosification de l’humain devrait davantage nous interpeller. L’Afrique doit essuyer cette honte d’une guerre injuste et injustifiée, la plus meurtrière depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. En parler, en parler davantage, dénoncer et dénoncer encore, c’est un progrès. Mais agir, c’est la vraie solution », a-t-il soutenu.

Le message clé porté par la délégation congolaise repose sur une interdépendance stricte entre la stabilité de la RDC et celle de toute l’Afrique australe. Pour la députée Rebecca Kabika Kembe membre également de la délégation, « le développement de la région ne peut se faire sans la RDC en paix, tout comme l’émergence de la région ne peut se réaliser avec la RDC en feu », a-t-elle prévenu, demandant aux parlementaires d’être les messagers du cri « PLUS JAMAIS ÇA » auprès de leurs gouvernements respectifs.

Cette position offensive a été pleinement partagée et appuyée par le chef de la délégation, le professeur Isaac Tshilumbayi. Le premier vice-président de l’Assemblée nationale a réitéré que Joseph Kabila et ses alliés portent désormais la responsabilité des crimes de viols et des violences infligés aux populations dans les zones occupées par le Rwanda, accusant ce dernier de tenter de « congoliser l’agression ».

Azarias Mokonzi

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