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Tazama RDC

RDC : pourquoi la menace des ADF reste dans l’ombre du conflit M23/Rwanda

RDC : pourquoi la menace des ADF reste dans l’ombre du conflit M23/Rwanda

Alors que l’attention de la communauté internationale et du gouvernement congolais reste largement focalisée sur l’agression rwandaise à travers la rébellion de l’AFC/M23 au Nord-Kivu, une autre crise sécuritaire et humanitaire continue de s’enraciner dans l’est de la République démocratique du Congo.

Les Forces démocratiques alliées (ADF), un groupe armé affilié à l’État islamique (EI), poursuivent leurs attaques contre les populations civiles et semblent désormais étendre leur zone d’opération vers la province du Haut-Uélé.

Ce constat a été dressé par James Christopher Swan, représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies et chef de la MONUSCO, lors du dernier briefing trimestriel du Conseil de sécurité consacré à la situation en RDC.

Depuis plus d’une décennie, les ADF sont responsables de nombreuses attaques contre les civils dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Malgré l’instauration de l’état de siège en mai 2021, mesure exceptionnelle destinée à restaurer l’autorité de l’État, les violences persistent.

Le groupe armé fait même preuve d’une importante capacité de résilience et d’une mobilité accrue, compliquant davantage les efforts des forces de sécurité pour contenir sa progression.

Selon des analyses d’experts, notamment celles de l’institut de recherche congolais Ebuteli, l’expansion des ADF vers le nord s’est intensifiée ces derniers mois. À titre d’exemple, plus de 400 civils auraient été enlevés au cours du seul mois de mars 2026 dans le territoire de Mambasa, constituant un niveau particulièrement élevé pour la région.

Devant les membres du Conseil de sécurité, James Swan a ainsi voulu attirer l’attention sur ces « autres foyers d’insécurité » qui continuent de menacer les populations congolaises.

« En Ituri, la situation demeure fragile, en particulier aux abords des sites de déplacés, le long des corridors économiques et dans les zones agricoles. Les Forces démocratiques alliées (ADF), affiliées à l’État islamique, ont intensifié leurs activités dans le territoire de Mambasa ainsi que le long de la frontière entre l’Ituri et le Nord-Kivu, notamment en ciblant des sites miniers », a alerté le chef de la MONUSCO.

L’accès aux ressources minières apparaît désormais comme un enjeu stratégique pour les ADF. Ces activités permettraient au groupe de financer ses opérations et de renforcer ses capacités logistiques.

L’un des aspects les plus préoccupants de cette expansion demeure la progression de la menace vers le Haut-Uélé. De récentes incursions ont notamment été signalées sur la route nationale RN26, entre Isiro et Mugbere, dans le territoire de Watsa. Des camions y auraient été incendiés et des civils enlevés.

Cette extension géographique des ADF pose également la question de la capacité des mécanismes actuels de protection des civils à répondre à une menace qui dépasse progressivement les zones traditionnellement touchées par leurs attaques.

« Les ADF continuent de mener des attaques meurtrières contre les civils et de recourir largement aux enlèvements, y compris jusque dans le Haut-Uélé, au-delà de la zone de responsabilité accordée à la MONUSCO conformément à son mandat », a déploré James Swan.

Face à cette progression de la menace, des acteurs de la société civile et plusieurs observateurs appellent à une réévaluation urgente des stratégies militaires conjointes ainsi qu’au renforcement des dispositifs de protection des civils.

L’enjeu est désormais d’éviter que l’expansion des ADF vers de nouvelles zones ne crée un nouveau foyer de violences massives dans l’est de la RDC, alors que l’attention reste principalement concentrée sur le conflit opposant les forces congolaises à l’AFC/M23 dans le Nord-Kivu.

Azarias Mokonzi

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