Conseil de sécurité de l’ONU : António Guterres plaide pour un siège permanent pour l’Afrique
Quatre-vingts ans après la fondation de l’Organisation des Nations Unies, la structure de son organe le plus puissant reste ancrée dans le passé. Face à cette situation, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, est monté au créneau pour exiger une réforme profonde du Conseil de sécurité, dénonçant l’exclusion historique du continent africain des rangs des membres permanents.
Pour le chef de l’ONU, la composition actuelle de l’instance décisionnelle ne reflète absolument plus les dynamiques géopolitiques contemporaines.
« Un Conseil de sécurité du XXIᵉ siècle sans sièges permanents pour l’Afrique est injuste et indéfendable », a martelé António Guterres, qualifiant cette absence d’anachronisme flagrant face aux réalités mondiales actuelles.
Créé en 1945 au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le Conseil de sécurité accorde un droit de veto exclusif à cinq membres permanents.
À cette époque, la quasi-totalité du continent africain se trouvait encore sous domination coloniale et était exclue des discussions fondatrices.Aujourd’hui, l’Afrique compte 54 États membres à l’ONU et représente plus de 1,4 milliard d’habitants.
De plus, une part considérable des résolutions et des missions de maintien de la paix du Conseil de sécurité concerne directement le continent. Malgré ce poids démographique et politique, l’Afrique doit se contenter de trois sièges de membres non permanents, attribués par rotation pour des mandats de deux ans, sans aucun droit de veto.
Cette déclaration forte s’inscrit dans un contexte de frustration croissante des dirigeants africains, réunis au sein de l’Union africaine, qui réclament depuis des années deux sièges permanents avec droit de veto et deux sièges non permanents supplémentaires.
En qualifiant la structure actuelle d’« indéfendable », António Guterres met en garde contre la perte de crédibilité et d’efficacité de l’organisation. Sans une représentation équitable de l’Afrique, l’autorité même des décisions de l’ONU risque d’être contestée.
Pour le SG de l’ONU, la paix et la sécurité mondiales du XXIᵉ siècle ne pourront se construire en laissant tout un continent sur le banc des remplaçants