Beni : L’ONU appelle à une mobilisation communautaire totale et au renforcement des centres de traitement face à Ebola
La lutte contre l’épidémie de la maladie à virus Ebola en République Démocratique du Congo ne pourra être gagnée sans une implication totale de la population. C’est le message clé lancé ce vendredi 11 septembre 2026 par Damien Mama, Représentant Spécial adjoint du Secrétaire Général des Nations-Unies, coordonnateur résident et coordonnateur humanitaire en RDC, lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi 11 septembre 2026 à la base de la MONUSCO à Beni, dans la province du Nord-Kivu.
Face aux professionnels des médias, le haut responsable onusien a rappelé avec gravité la dangerosité de cette maladie, insistant sur le fait qu’« Ebola est une maladie réelle et ça tue ». Les statistiques sanitaires sont alarmantes : sur 100 personnes infectées, 68 pourraient en mourir.
Devant cette menace, Damien Mama a martelé que le succès de la riposte dépend fondamentalement de l’engagement des communautés.
« Nous ne pouvons mettre fin à cette épidémie si les communautés ne sont pas associées. C’est donc grâce à la communauté que l’on pourra mettre fin à cette épidémie », a-t-il déclaré.
Le coordonnateur humanitaire a également insisté sur la nature universelle et aveugle du virus pour appeler à l’unité de tous.
« Personne n’est à l’abri : cette épidémie n’a pas de passeport, n’a pas de parti politique, n’a pas d’idéologie, ne respecte pas les frontières, et n’a pas de barrières militaires ou policières et autres », a-t-il prévenu.
Au cours de sa mission, Damien Mama a visité les structures sanitaires locales et s’est dit « très impressionné par les conditions de prise en charge des malades ». Il a salué le travail des équipes médicales qui déploient « une approche très humaine qui permet de soigner les patients dans la dignité ».
Malgré ces efforts salués, l’alerte reste maximale dans la région. L’épidémie touche désormais 16 zones de santé dans la province du Nord-Kivu, un périmètre large face auquel le dispositif actuel s’avère insuffisant.
Face à ce constat critique, le Représentant Spécial adjoint a lancé un plaidoyer vibrant pour une intensification de la réponse logistique et financière.
« Il faut que toutes les seize zones de santé aient chacune un centre de traitement. Il faut redoubler d’efforts, accroître les investissements pour mettre fin à la chaîne de transmission le plus rapidement possible », a-t-il conclu.
L’appel est désormais lancé tant aux partenaires internationaux qu’aux populations locales : seule une conjugaison des efforts sanitaires et un engagement communautaire sans faille permettront de stopper la progression du virus.